Roadtrip #22 – Test en cols

17 mars 2018. Aller arpenter les cols pyrénéens avec la R26 me démange de plus en plus. La météo ne s’annonce pas idéale aujourd’hui. Mais peu importe, l’envie est là. Et elle est partagée par un ami qui se joint à moi. La première étape ne porte pas un nom connu des férus de cyclisme. Nous devons aller récupérer la Clio 4 RS Trophy de mon partenaire du jour avant d’aller affronter certaines des mythiques pentes du tour de France. Une fois chez Renault, nous en profitons pour découvrir la nouvelle Mégane RS. En réalité, je l’ai déjà vue au salon de l’automobile de Toulouse, puis dans une autre concession. Nous allons y revenir en fin d’article. Une fois la Clio récupérée, direction la station-service. Ne jamais partir le réservoir vide !

Col du Portillon - 2.jpg

Après un bout d’autoroute inintéressant et un morceau de route sinueuse mais trop fréquentée, nous voilà au pied des Pyrénées. En guise d’apéritif, nous avons déjà ce qui ressemble à un sacré plat de résistance : le col d’Aspin ! Quel bonheur d’être là au volant de la R26 ! J’attaque la montée le couteau entre les dents. En restant tout de même prudent parce que la route le demande ici et parce que la météo peut réserver quelques surprises. J’ouvre le clapet d’échappement. Le son rebondit sur la paroi d’un côté et sur le muret de l’autre. Impressionnant ! La Clio reste dans mes rétroviseurs, changeant de taille selon le profil de la route et la position de mon pied droit. Au sommet, le vent souffle visiblement fort. Le thermomètre depasse tout juste 0°C. Nous ne nous arrêtons pas. C’est l’heure du casse-croûte. Nous nous garons au lac de Payolle. Le vent est assez fort ici aussi. Et vraiment glacial. La pause tourne court, quand, frigorifiés, nous voyons une averse de neige arroser l’autre côté du lac. Un café chaud s’impose. La neige nous rattrape alors que nous nous réchauffons. Il est temps de partir. Je prends le volant de la Clio après un briefing sur les différents modes de conduite et le RS monitor. C’est plus simple dans l’autre sens : à part le bouton du clapet, rien à savoir sur la Mégane.

Lac de Payolle.jpg

Mais parlons un peu de cette Clio. Ce n’est pas la première fois que je vois cette voiture, mais elle me laisse toujours la même impression : elle a une belle bouille, les détails du design sont soignés mais elle manque quand même un peu de sportivité, de personnalité. Dans la circulation, il n’est pas si évident de la distinguer de ses sœurs mazoutées. Son aïeule, la Clio 3ème du nom, s’affirmait bien plus avec ses ailes larges. Il faut quand même reconnaître que cette peinture rouge Flamme lui sied comme un gant. Les phases 2 bénéficient des feux de jour en forme de damier, un détail que j’apprécie vraiment. A l’intérieur, c’est un peu le même constat, mais là c’est plus habituel chez Renault. L’habitacle présente bien mieux que sur son aïeule mais la personnalisation « RS » reste discrète. Un très beau volant, des ceintures rouges, un pédalier alu, le minimum syndical sur une sportive. Les sièges ne m’ont pas enthousiasmé au premier abord. Une fois assis, je m’aperçois qu’ils maintiennent bien et restent confortables. Mais finalement, toutes ces considérations sont bien futiles quand on a le célèbre col d’Aspin face à soi. Je commence en mode sport, sélecteur de boîte sur automatique. Après le premier virage, il me manque déjà quelque chose. Vite, en manuel ! C’est nettement mieux. La première surprise vient de la direction, précise et surtout directe. Les épingles à gauche peuvent se prendre sans lâcher les mains du volant. La route est sèche mais il neige. Les Michelin Pilot Super Sport assurent une bonne motricité, même en seconde en sortie de virage. Je hausse le rythme au fur et à mesure de la montée. Les freins font le boulot même si j’aurais apprécié un petit peu plus de mordant. Au sommet, je trouve le courage de sortir pour prendre une photo. Pour une fois, il n’y a pas de vache.

Col d'Aspin

La descente se fait en douceur. La météo ne s’arrange pas. Je décide de ne pas monter le col d’Azet Val-Louron et d’aller directement au col de Peyresourde. Il ne neige plus maintenant. Il y a un peu de circulation ici, ce qui est normal puisque cette route conduit à la station de Peyragude. Le châssis est digne de la réputation Renault Sport : très peu de roulis, précis et bien équilibré, ferme mais confortable. La sonorité du moteur n’a rien de transcendant. Par contre, l’échappement Akrapovic amène clairement un plus en mode sport. Les passages de rapport sont ponctués de quelques déflagrations bien agréables. Au sommet, il reste encore pas mal de neige. De quoi prendre quelques photos, mais le vent glacial ne m’incite vraiment pas à prendre mon temps et à profiter du moment !

Col de Peyresourde.jpg

Je repasse en mode normal dans la descente. J’apprécie la vivacité moindre de l’accélérateur, idéale en ville par exemple. Dans ces conditions, le mode automatique de la boîte prend tout son sens. La traversée de Bagnère-de-Luchon se fait tout en douceur. Mais lorsque la route s’ouvre de nouveau et se met à serpenter, le mode sport et la boîte en mode manuel sont le minimum requis selon moi. Sans cela, les rapports passent trop lentement et la sonorité est trop discrète. Dans les premières épingles du col du Portillon, je profite d’une brève accalmie de la météo pour tester le mode race, avant que la neige ne rende la chaussée trop glissante. Les rapports s’enclenchent de façon virile et très rapide. Le châssis devient plus joueur, notamment le train arrière. Un conducteur d’Audi arrivant en face a dû être surpris par la posture la Clio en sortie d’épingle puisqu’il m’a adressé un appel de phares. A moins que ce ne soit pas de la surprise mais de la joie, voire même de la jalousie puisque son Audi ne doit pas être capable de se déhancher de la sorte… Au sommet du col du Portillon, les freins sentent le chaud. Je n’ai pas vraiment testé leur endurance, mais ce signe avant-coureur ne donne pas envie de le faire. Dommage que Renault n’ait pas reconduit les étriers 4 pistons Brembo de la génération précédente en châssis Cup, qui plus est sur cette version Trophy.

Col du Portillon - 1.jpgJe reprends le volant de la Mégane. La frontière espagnole passée, nous descendons dans la circulation. La R26 est bruyante et inconfortable en sortant de la Clio. Mais c’est précisément ce qui la rend vivante et attachante. A Bossost, nous prenons le temps d’une pause café bien méritée et de faire quelques emplettes. Puis nous revenons en France pour gravir mon col pyrénéen préféré niveau conduite. Si vous êtes un fidèle lecteur de Trips on Wheels, vous savez de quel col il s’agit. La neige tombe à nouveau, mais peu importe. J’ai vraiment envie d’en découdre, d’affronter une nouvelle fois cette superbe série de virages et de lacets. Et je m’y emploie entièrement, concentré totalement sur la route et mon pilotage. La route, justement, est en piètre état après cet hiver particulièrement neigeux. Des plaques d’enrobé ont disparu. Il me faut être vraiment vigilant. La R26 me surprend toujours par son niveau d’adhérence. Le froid, la neige et les gravillons n’arrivent pas à ennuyer les Michelin PS4. Côté sensations, c’est le bonheur. La Clio ne peut rivaliser dans ce domaine. En performance pure, qui plus est sur route ouverte où la prudence est de mise, l’écart n’est pas aussi important. La Mégane profite toutefois de son couple plus généreux et de son freinage plus efficace. Une fois au sommet, c’est la tempête ! Je peine à prendre quelques photos, assailli par les bourrasques de vent et les nombreux flocons. La neige qui se pose sur les disques de frein de la Clio part instantanément en fumée.Col de Menté - 2

N’étant pas vraiment équipés pour ces conditions, nous ne traînons pas. La route est encore dégagée, mais pour combien de temps ? Le thermomètre indique -1°C. Quel est donc ce fameux col où nous nous trouvons ? Le col de Menté, bien entendu !

Col de Menté - 3.jpg

Et rapidement, nous entrons dans les nuages. Un épais brouillard nous prive encore plus de visibilité. Devant nos capots vont se présenter une enfilade d’épingles. Que pensez-vous qu’il soit  préférable de faire dans cette situation ? Rouler doucement est une simple évidence. Ouvrir sa fenêtre pour prendre en photo la Clio derrière moi dans une épingle n’est ni une évidence, ni évident.

Col de Menté - 4.jpg

Heureusement, nous finissons par sortir de cette purée de pois. La neige devient pluie. Nous enchaînons tout de suite avec le col de Portet d’Aspet, désert celui-ci, puisque ne menant pas à une station de sport d’hiver. Nous franchissons le sommet dans des conditions vraiment hivernales. Je m’arrête trois secondes pour prendre une photo souvenir sans avoir le courage de sortir de la voiture.

Col de Portet d'Aspect.jpg

Il est temps de rentrer à la maison après cette belle aventure. Je pense que je ne comprendrai jamais les personnes qui ne sortent leur sportive que par beau temps. Affronter des conditions météorologiques comme celles d’aujourd’hui apporte tellement plus de piquant et d’adrénaline à une sortie. Bon, et cette Clio alors ? J’ai pris du plaisir à son volant, c’est sûr. Moins que dans la Mégane, c’est sûr aussi. La Clio est une très bonne petite sportive. Elle est juste un peu trop sage pour moi. D’autant plus qu’elle porte le label « Trophy ».  La boîte EDC efficace mais lissant les accélérations, le couple moindre, l’absence de différentiel à glissement limité, le freinage moins performant et la sonorité du moteur placent la R26 devant en termes de sensations. Mais la Clio est nettement plus polyvalente, plus confortable, plus agréable en ville et dans les embouteillages. Quelques boutons suffisent ensuite à la réveiller pour en faire une bombinette. Cette polyvalence en fait  du coup une remplaçante potentielle de la Focus ST !


Attendez, ne partez pas ! Je vous ai dit qu’on parlerait de la nouvelle Mégane RS. Je ne vais pas en faire ici la description, les journalistes s’en chargent très bien. Je vais juste vous dire ce que j’en pense.

Ma première impression quand j’ai eu la voiture face à moi est qu’elle a bien plus de présence qu’en photo. Elle fait large et basse. L’orange Tonic est toujours aussi beau. Le gris Titanium est aussi une belle teinte pour celui qui souhaite rester discret, avec de belles et fines paillettes.

 

Côté intérieur, je suis plus mitigé. Avoir mis un ciel de toit noir, comme sur ma ST (et la Mégane 3 RS) est une bonne idée. Le volant est sympa. Les sièges sont beaux et confortables. Leur style est surprenant, rappelant ceux des Renault 5 Turbo. Drôle de mélange d’époques !  Les touches de carbone et les filets lumineux sont bien pensés et ré-haussent cet intérieur. Mais, je n’accroche pas vraiment à son style, même si je reconnais qu’il y a du mieux par rapport aux anciennes RS.

 

Mais bon, finalement, toutes ces considérations ne sont-elles pas futiles ? Parce que le vrai jugement, il se fera sur les sensations de conduite ! Vivement un essai !

 

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