Roadtrip #20 – Une rencontre inattendue

9 décembre 2017. Le mois de novembre ayant été d’un calme plat, avec deux sorties annulées pour cause de météo défavorable, j’ai de plus en plus envie d’aller dégourdir les bielles de la Mégane. Aujourd’hui, il fait beau et j’ai l’après-midi libre. Je prends donc l’appareil photo et en voiture !

Mais où aller ? Les Pyrénées ? Les Cévennes ? Trop loin ! Le Lot ou la Dordogne ? Trop plat. J’ai envie de relief, de lacets et d’épingles. Le choix de la destination se réduit forcément drastiquement.  En réalité, il ne reste plus qu’un choix possible : la montagne Noire. Même si je commence à bien connaître le coin (lire ici, et ici, ou même ici), la Mégane n’y a jamais mis ses Michelin. Et il me reste encore des routes à découvrir ou à redécouvrir avec un autre volant entre les mains.

Avant d’arriver au pied de cette montagne, il me faut encore traverser la campagne tarnaise. Oh non ! Encore des kilomètres de routes sinueuses et désertes ! Le terrain de jeu idéal pour la R26, à condition que les routes ne soient pas trop défoncées. La Mégane me communique sa joie de prendre des virages. Elle respire à l’accélération, sur un filet de gaz. Puis, pédale de droite enfoncée, elle bondit en avant dans un grondement pas vraiment mélodieux mais plutôt impressionnant. Le virage suivant est déjà devant le capot. Je freine. Le turbo se décharge avec ce bruit caractéristique, suivi d’une belle pétarade dans l’échappement. La tenue de route est superbe. La R.S. me paraît vive et légère. Surtout si je la compare à la Focus, plus lourde et plus souple en suspension. Bref, je m’amuse déjà comme un petit fou. Jusqu’à ce que j’aperçoive une petite route sur la gauche, qui me paraît être le bon endroit pour une courte pause photo.

Prades.jpg

Après avoir repris une portion de virages de campagne, je passe au plat de résistance : les virages de montagne. La montée commence à Sorèze, sur la D45. Étrangement, et je ne sais pas expliquer pourquoi, je ne suis pas en phase avec la route. Je n’arrive pas à trouver mon rythme. La montée me paraît courte. Je poursuis sur la D12 en direction d’Arfons et je quitte donc le tracé de la première épreuve spéciale du rallye de la montagne Noire. J’arrive sur un plateau. La route devient plus rectiligne. Je repère un coin au milieu des arbres, dans les feuilles mortes.

Je traverse le petit village d’Arfons dans lequel je tourne à gauche sur la D14. Les pâturages alternent avec les parties boisées. Au milieu des sapins et des chênes, deux lignes orange encadrent la route : les feuilles et épines mortes se sont accumulées à la lisière du bitume. Certains riverains n’apprécient visiblement pas les éoliennes.

Un peu plus loin, un petit lac attire mon œil et mon objectif.

Au lieu-dit Les Escudiés, je choisis de prendre une route forestière. Une de celles qui vous donnent le sentiment d’être perdu, loin de tout. Seulement six kilomètres me séparent de la prochaine grande route. Mais ici, entre les sapins et les nids de poules, le système métrique change : un kilomètre devient incroyablement long. Quelques traces de neige apparaissent sur les bas côtés et entre les arbres. Le thermomètre indique 0°C. J’adore ce sentiment, mélange de liberté totale et d’isolement profond, seul face à la nature et aux conditions climatiques quelque peu hostiles. Il n’y a pas de vent. Je ne ressens pas encore vraiment le froid quand je sors prendre des photos.

La route devient encore plus sinueuse puis descend vers les bassins de Roudille. J’entre dans un autre univers, plus blanc, plus froid. La température baisse de 2°C d’un coup, la neige et la glace sont un peu partout. L’eau de l’un des deux bassins est gelée. Je ne sais pas si c’est psychologique, mais ici, quand je sors de la voiture, j’ai froid ! Le pâle soleil d’hiver ne suffit pas à réchauffer l’atmosphère.

Bientôt, même la route devient blanche par endroits. Je m’arrête près de grumes pour les premières photos hivernales de la Mégane.

Je continue ensuite sur la D56, en direction de Laprade. La route monte puis arrive sur les hauts plateaux de la montagne Noire avant de descendre vers le sud. Je m’arrête au lac de Laprade où l’ambiance est bien différente de la dernière fois où je suis venu. Le calme est impressionnant. Personne ne passe. Le vent est étrangement absent. Il fait froid. Je me suis garé sans le savoir le long d’une plaque de verglas. En allant prendre l’appareil photo posé sur le siège passager, j’amorce un début de glissade que mon ESP biologique corrige rapidement, m’évitant de finir les quatre fers en l’air.

Je poursuis ma route. J’arrive sur la D101, où commence une des épreuves les plus renommées du rallye de la montagne Noire : la Tourette, du nom du village traversé au milieu de cette spéciale. Le panneau bleu et rond représentant une roue chaînée, avec la mention « Equipements spéciaux recommandés » me laisse dubitatif. Que faire ? Demi-tour ? Maintenant que je suis là, autant y aller. Je verrai bien. Et les premiers kilomètres sont en effets bien glissants, mais non pas à cause de la neige ou de la glace. De grandes plaques de gravillons rendent la conduite désagréable sinon dangereuse. Et toute la descente le long de l’Orbiel en est truffée. Autrement dit, je roule très prudemment. Cela me remémore mon dernier passage ici même. Comme le coin est désert en cette saison, j’en profite pour m’arrêter en plein milieu de la route pour prendre quelques clichés.

Alors que je prends seulement la cinquième photo, j’entends un bruit de moteur. Mince, moi qui pensais être seul et tranquille ! Un point rouge vrombissant apparaît au loin.

La Tourette - 4

Et à ma grande surprise, je reconnais une Renault 5 Turbo ! Et elle n’est pas seule, une Alpine la suit et d’autres voitures que n’ai pas le temps d’identifier. C’est que je bloque la circulation sur cette route étroite. Je saute dans le baquet et démarre rapidement. Je me gare à peine plus loin pour les laisser passer. J’ouvre ma portière et me dépêche de prendre quelques photos.

La Tourette - 5.jpg

Une Lotus Exige, une Clio RS, une Super 5 GT Turbo, une Mégane RS R26… Je leur fait signe. Les klaxons me répondent. Mais… Je connais certaines de ces voitures ! Mais bien sûr ! C’est le Club Alpine Gordini Ariégeois avec qui j’ai fait ma dernière sortie (lire ici) ! Maintenant, je me rappelle qu’ils participent au Téléthon à Mazamet. J’avais envisagé d’y aller, puis je devais partir dans les Cévennes, sortie finalement annulée.

Je leur emboîte le pas, ou plutôt la route, ravi d’avoir des copains de jeu. Je ferme le convoi, derrière une 207 RC.

La Tourette - 8.jpg

Une Alpine s’est arrêtée, son passager prenant des photos. Je ne tarde pas à l’avoir dans mes rétroviseurs. Dans ces conditions, je ne m’arrête pas pour prendre d’autres photos. Je profite de la conduite. Bon, je ne peux quand même pas m’empêcher de prendre une photo par la fenêtre…

A la fin de la spéciale, je change mes plans. J’avais initialement pensé monter au pic de Nore. Mais je préfère rester avec le club. Direction Mazamet pour conclure cette belle journée. Je profite des derniers rayons du soleil pour prendre les dernières photos. Je passe surtout pas mal de temps à discuter entre passionnés. Et accessoirement, j’ai signé mon adhésion au club pour 2018, sur le capot de la R26 Sirius…

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