Roadtrip #16 – Grosse fatigue

27 juillet 2017. Vous vous souvenez peut-être du road trip dans les Cévennes avec mon fils aîné (lire ici) ? Lui, il s’en souvient bien. Et il a bien envie d’en faire un autre. J’ai donc profité des vacances pour lui organiser une petite sortie, sur une journée, dans un coin où les touristes ne devraient pas trop nous embêter : l’Aubrac. Allez, fiston, en voiture !

Nous partons vers le nord. Après quelques kilomètres, les premiers virages sont déjà là. La route monte et descend, serpentant au milieu des vignobles gaillacois. Gaillac derrière nous, nous arrivons au fameux village de Cordes-sur-Ciel. Je n’ai encore jamais vraiment pu le prendre correctement en photo, soit parce que la météo ne s’y prêtait pas, soit à cause des nombreux touristes empêchant de se garer facilement. Aujourd’hui, les conditions sont réunies. Le ciel est bleu, la lumière est plutôt bonne et surtout, il y a étrangement peu de monde pour cette période de l’année. Je sors donc l’appareil photo.

Nous repartons rapidement. Je retrouve avec plaisir la D922 qui amène en Aveyron. Mon fils la découvre. Et il a l’air d’apprécier. Nous arrivons à Villefranche-de-Rouergue. Contrairement à Cordes-sur-Ciel, il y a foule ici. C’est le marché. Nous progressons péniblement dans une circulation dense. Et je pense m’être trompé de route. Retour à la case départ, dans les embouteillages. Après vérification, nous étions bien dans la bonne direction. Nous finissons par nous extraire de la ville et regagnons la campagne aveyronnaise. Nous changeons de direction, roulant plein est pour rallier la première étape de ce voyage. Nous nous garons. Il est déjà midi. Le parking est ombragé, au bord de l’Aveyron (la rivière). Des tables de pique-nique nous incitent à d’abord commencer par se remplir la panse avant d’aller découvrir ce lieu pour l’instant caché par les arbres. Une fois rassasiés, nous traversons à pied l’Aveyron sur un joli pont.

Puis nous suivons un chemin de graviers. Après quelques minutes, nous voyons une superbe maison en pierre.

Belcastel - 3.jpg

Elle annonce la suite. Encore quelques dizaines de mètres et nous découvrons un village médiéval, bâti tout en pierre sur l’autre rive de l’Aveyron. Un château surplombe les maisons. Nous sommes à Belcastel.

L’endroit mérite vraiment le détour. Nous reprenons ensuite la route, toujours vers l’est. Nous passons Rodez puis nous empruntons la D988 qui bifurque vers le nord. Je suis déjà passé sur cette route en mai dernier (lire ici). Un panneau avait alors attiré mon attention. Il indiquait « Site géologique de Bozouls ». Il est temps aujourd’hui d’aller voir ce qui se cache concrètement derrière cette appellation plutôt générique. Nous nous garons à proximité du site, sans trop savoir où il est réellement. Nous déambulons dans les rues du village, sans trop savoir quelle direction prendre. Le village est joli. Les maisons ont l’air assez anciennes. Ici aussi, la pierre est bien présente. Quand tout à coup, la vue se dégage. Et pour cause : devant nous apparaît un énorme trou béant. Une sorte de cirque, entouré de parois rocheuses verticales sur lesquelles ont été bâties maisons et église. Cet endroit est vraiment surprenant !

Nous finissons par quitter Bozouls, continuant vers le nord. Nous passons devant le château de Calmont d’Olt que je n’ai pas encore photographié, mais je décide cette fois encore de ne pas m’arrêter. Il reste encore un long programme. A Espalion, nous croisons le cours du Lot et nous tournons sur la D920 afin de le suivre. Je retrouve les gorges du Lot et le superbe village d’Estaing. Mon fils découvre. Il a l’air content, la route lui plaît. A Entraygues-sur-Truyère, nous quittons le Lot pour la Truyère. Je ne connais pas ces gorges et elles font clairement partie des découvertes attendues de cette journée. La route est maintenant déserte. Nous progressons rapidement dans un paysage vraiment naturel, sauvage. Les fermes sont rares. Le relief s’accentue. La route suit les hauteurs, laissant bien souvent la rivière hors de vue. La végétation est parfois vraiment dense. Nous traversons d’épaisses forêts de résineux. Finalement, nous retrouvons la Truyère et nous la longeons sur quelques kilomètres. Puis nous faisons un détour pour aller voir le château de Valon, perché sur son éperon rocheux. La vue sur la vallée de la Truyère est bien plaisante. Le ciel s’est petit à petit couvert. Et cette épaisse couche de nuage gris procure une lumière qui met quelque peu mal à l’aise. L’aspect sauvage, cette végétation parfois étouffante, l’impression d’être seuls et cette météo créent un drôle d’atmosphère, comparable à ce que nous pouvons ressentir au fin fond de la montagne Noire.

Nous descendons pour suivre de nouveau la Truyère. La route est vraiment déserte. Après quelques kilomètres assez plats le long du cours d’eau, nous montons assez soudainement pour nous retrouver sur ces hauts plateaux typiques de l’Aubrac. Bien entendu, les vaches sont là.

Puis la route redescend pour rejoindre de nouveau la Truyère. Nous stoppons sur un des ponts qui enjambent la rivière. Un cycliste profite du lieu pour se reposer et se nourrir, avant d’affronter la montée suivante. L’eau est très foncée, presque noire. Les sapins aussi paraissent vraiment foncés, tout comme les quelques rochers. J’ai vu des endroits plus joyeux !

Nous poursuivons jusqu’au barrage de Sarrans. Construit entre 1929 et 1934, ce barrage hydro-électrique a créé le huitième plus grand lac artificiel français. La vue depuis le belvédère est vraiment intéressante. Une vanne est exposée à côté du parking. Sa taille est impressionnante !

Il est déjà plus de 16 h. Il est temps de penser à se mettre en route pour rentrer. Nous contournons le lac, qui fait quand même 35 km de long.

Je commence à me sentir fatigué. Mon fils aussi. Ce lourd ciel nuageux ne nous aide pas. Un rayon de soleil aurait pu nous redonner un peu d’énergie. Nous prenons la D921, direction le sud. Les prairies de l’Aubrac paraissent tristes. Je limite les pauses photos, pressé de rentrer. La dernière se fait après Lacalm.

Nous traversons Laguiole où la civilisation nous saute au visage. Après des heures à rouler sans croiser grand monde, la ville est ici bondée de touristes. La fatigue devient de plus en plus difficile à gérer. Pour la première fois, je me sens au bout. Je dois m’arrêter. J’incline le Recaro. Mon fils, lui aussi bien fatigué, fait de même. Et nous faisons une petite sieste dans la voiture. Enfin, pas si petite que cela ! Presque une heure de pause en tout ! Après ce repos salvateur, nous rentrons sans encombre à la maison.

Quelle drôle de journée ! Quel contraste entre la partie sud de l’Aveyron et le Nord. Du soleil, des endroits magnifiques et surprenants comme Belcastel et Bozouls, des touristes, de la vie… Puis la nature sauvage, rude, un ciel plombé, menaçant, des routes difficiles, interminables, un désert humain, un calme inquiétant… Est-ce tout cela qui a changé notre moral ? Qui a contribué à notre fatigue ? Certainement que ce n’y est pas étranger…

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