Roadtrip #15-1 Week-end cévenol Jour 1

2 Juillet 2017. Je suis au départ d’une sortie un peu inhabituelle. Le parcours en soi est fidèle à mes habitudes, parsemé de virages en tous genres, de lieux agréables à l’œil. La voiture est toujours ma Focus ST, pas de surprise de ce côté-là. Alors, qu’y a- t-il donc d’inhabituel ? La réponse est simple et occupera le baquet de droite. Cette fois-ci, je pars pour un week-end en amoureux. Ma compagne m’a déjà accompagné deux fois par le passé (lire ici et ici). Mais cette fois-ci, nous partons pour deux jours et à un rythme plus touristique. J’ai donc limité le parcours à environ 350 km par jour et j’ai ajouté au programme un peu plus de visites touristiques. C’est une bonne occasion pour proposer un article un peu différent, avec des photos quelque peu inhabituelles.

Allez, c’est parti ! En voiture ! Un peu d’autoroute, la D999 qui serpente sur les plateaux tarnais et aveyronnais, le passage sous le pont routier avec l’ensemble pile-pylône le plus haut au monde… Bref, la route habituelle pour aller vers l’est. Juste après Rivière-sur-Tarn, nous bifurquons sur la D996, une route que j’ai empruntée pour la première sortie de l’année (lire ici). C’est la route des gorges de la Jonte. Cette rivière marque la frontière entre la Lozère et l’Aveyron. Notre première pause se fait dans le cirque de Madasse. Des vautours tournoient au-dessus des falaises qui nous surplombent. Le ciel est bien chargé mais il ne pleut pas. Nous profitons du lieu pour casser la croûte. En quelques minutes, la plage arrière de la Focus se garnit du nécessaire pour un bon pique-nique.

Nous repartons. La route est presque déserte. Le temps est menaçant mais toujours pas de pluie. Nous profitons de la vue sur ces gorges. Finalement, je me demande si je ne les préfère pas aux gorges du Tarn, qui sont trop touristiques à mon goût. Ici, l’environnement est toujours naturel, sauvage. Seuls quelques rares hameaux montrent que l’homme est présent, en plus du ruban de macadam sur lequel nous progressons, bien entendu. Les gorges s’achèvent au joli village de Meyrueis. C’est l’occasion de s’arrêter boire un café au cœur du village. Une vieille moto orne la place, au bord du Béthuzon. Le cadre est bien sympa, plus que la météo. Nous passons néanmoins un agréable moment. A l’intérieur du bar (le Jeff Bar), une roue de Ferrari décore un mur. Le patron m’explique qu’elle vient de son ancienne Testarossa et qu’elle a été endommagée en croisant un jeune fêtard qui a oublié de se serrer. Et face à une très large Testarossa, ça ne pardonne pas.

Nous quittons Meyrueis juste après un groupe de motards hétéroclites, venus aussi profiter des belles routes de la région. Nous montons tranquillement par la D986, entre les sapins. Quelques épingles se présentent à nous, abordées pour changer à une vitesse très raisonnable. Puis nous arrivons à un endroit que j’attends de voir depuis un moment. Le 23 décembre 2015, déjà, j’avais vu un panneau l’indiquant, au sommet du col des Rhodes. Un nom assez surprenant : l’abîme de Bramabiau. L’endroit est aussi surprenant que son nom : une grande falaise rocheuse surmontée d’un plateau herbeux, fendue par l’eau qui se déverse en cascade.

En repartant, nous apercevons une Ford Focus ST comme la mienne, mais bleue. Le temps de décider de faire demi-tour pour prendre une photo et nous voyons en face de nous des gendarmes postés au bord de la route. Que vont-ils penser de ce demi-tour presque sous leur nez ? Nous verrons bien. Pour le moment, place à quelques photos avec une « sœur ». Nous n’avons pas croisé son conducteur. Dommage !

Abime de Bramabiau-4.jpg

Nous faisons demi-tour de nouveau et passons devant les gendarmes qui ont visiblement l’air occupés à autre chose qu’à un contrôle routier. Juste après, nous trouvons le bonheur ! C’est le nom d’une petite rivière. Le soleil est sorti depuis quelque temps. Nous profitons du paysage depuis le belvédère de la Serreyrède.

Mais plus nous progressons vers le mont Aigoual et plus le temps se dégrade. Une fois au sommet, c’est le déluge. Et le vent souffle assez fort pour ne rien arranger. Nous prenons notre courage à deux mains pour aller profiter de la vue. Je monte sur la tour de l’observatoire météorologique.

Mais la météo est si mauvaise qu’elle nous presse à partir. La descente se fait par le nord, par la D18 jusqu’à Cabrillac, un drôle de hameau à l’air abandonné. Les arbres se font rares sur ce versant. Rien ne gêne la vue. Le paysage est toujours aussi somptueux par ici. La route jusqu’à Florac est vraiment agréable. C’est vraiment le genre de route parfait pour une belle promenade. Nous arrivons à Florac où nous commençons par déguster une bonne glace. Prendre son temps et conduire moins est aussi bien agréable. Nous visitons ensuite le village. L’eau est omniprésente. En effet, Florac se situe au confluent de quatre cours d’eau : la source du Pêcher, le Tarnon, la Mimente et le Tarn. Le cœur du village s’articule autour de la source du Pêcher, de son bassin et de sa cascade.

Au-dessus du bassin se trouve le château avec ses deux tours rondes. Il est le siège du parc national des Cévennes. Un étrange assemblage de vieilles poutres nous interpelle : il s’agit d’un ferradou, sorte d’armature prévue pour maintenir les bœufs afin de les ferrer.

D’autres monuments attirent notre attention. Le clocher de l’église apparaît au milieu de la végétation. Nous passons ensuite devant une étrange façade décorée : la porte des Templiers, entrée d’un ancien couvent capucin. Plus haut, l’église Saint-Martin présente d’étonnantes colonnes de chaque côté de son entrée. Elles sont les vestiges d’un temple protestant construit sur les ruines de l’ancienne église catholique au XVIème siècle.

Nous regagnons la voiture. Nous quittons Florac. Nous progressons vers le sud, d’abord par la N106. Le paysage devient petit à petit plus montagneux, plus escarpé. Nous prenons ensuite la D984 puis la D54. C’est de plus en plus désert. Le paysage est de plus en plus beau, à mesure que la route monte et s’enfonce au cœur des Cévennes. La route est de plus en plus sinueuse. Les virages s’enchaînent. La quatrième vitesse devient inutile. Nous sommes en pleine nature, roulant plusieurs kilomètres sans apercevoir une maison, sans croiser une voiture. Nous finissons par arriver à Saint-Martin-de-Boubaux, lieu de notre étape du soir. Il reste encore à trouver le hameau. Ce qui n’est pas évident ! Après un demi-tour, nous trouvons la bonne direction : une route étroite, très sinueuse et pentue qui descend vers un ruisseau. Nous le traversons sur un pont en béton qui contraste avec un vieux pont de pierre en forme d’arche. Un très bel endroit pour une séance photo. Mais la lumière est déjà assez basse. Nous ne nous arrêtons pas. Il faudra passer par là demain matin pour repartir, donc les photos attendront. Nous y sommes, accueillis par Catherine et Jean-Pierre, nos hôtes du soir. Un couple de marseillais venus vivre dans cette vallée de Lozère. Le cadre est vraiment sympathique. Certes, nous sommes complètement perdus au fin fond de la Lozère. Mais rien de mieux pour être complètement dépaysés. Et dans ce mas tout en pierre, le dépaysement est encore plus total : notre chambre est décorée d’objets asiatiques, le salon penche pour l’art africain. Après un long apéritif pendant lequel nous faisons connaissance, nous passons à table dans une ancienne cave, agréablement fraîche. Jean-Pierre, ancien marin-plongeur, s’occupe de la cuisine. Et il connait son affaire. Nous commençons par une excellente soupe au pistou. Après une salade composée, il nous sert un rôti de bœuf accompagné de savoureuses tomates à la provençale, très parfumées. Et de drôles d’haricots verts cultivés par le voisin. Crus, ils arborent une étrange couleur bleue très foncée. Ils deviennent verts en cuisant. Un beau plateau de fromage et une coupe de glace et de melon viennent conclure ce très bon repas. Le tout a été servi avec un nombre impressionnant d’histoires et d’anecdotes ramenées de ses nombreux voyages sur toutes les mers du globe et racontées avec un bel accent marseillais. Je ne vois pas comment une soirée pourrait être plus dépaysante que celle-ci !

Haricots bleus.jpg

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