Roadtrip #14-4 Entre les gouttes

5 Juin 2017. Le jour se lève sur la vallée des Merveilles. La nuit a été globalement meilleure pour tout le monde. A part peut-être pour un d’entre nous, qui a entendu de drôle de bruits… Malgré tout, nous décidons d’un commun accord d’alléger le road book du jour. Tant pis pour le mythique col de Turini, il sera pour une prochaine fois. Les voitures démarrent une à une. Même l’Elise jaune ne se fait finalement pas prier, alors qu’elle a posé quelques soucis la veille.

Nous nous positionnons dans la descente pour faire quelques images, tout près d’un joli pont, au pied d’une cascade.

Nous repartons et traversons de nouveau le village de Belvédère. Sa traversée hier soir n’avait pas été de tout repos à cause de passages très étroits. C’est presque aussi compliqué ce matin. Nous retrouvons la vallée de la Tinée, déserte ou presque ce matin. Nous en profitons pour rouler à notre rythme. 

Puis vient le col Saint-Martin. Les épingles s’enchaînent. Pour la descente, la circulation devient plus présente, aussi nous roulons prudemment. Nous repérons quelques signes montrant qu’une course cycliste va avoir lieu : des voitures porte-vélos, un camion au sommet du col Saint-Martin qui prépare un ravitaillement… Une fois dans la vallée, nous bifurquons vers Roubion et le col de la Couillolle (1 678 m). La route est sinueuse à souhait, serpentant entre les parois de roche ocre rouge. La visibilité réduite, l’étroitesse de la chaussée et quelques plaques de gravillons n’incitent pas à l’attaque. Encore moins quand un groupe de motards allemands descend le col en occupant le milieu de la chaussée… Quelques photos de Roubion, perché sur la roche, et nous arrivons au sommet. 

Les autres nous préviennent de bien se garer. Les gendarmes le leur ont déjà demandé, parce qu’une course cycliste arrive. Nous buvons rapidement un café et reprenons la route avant que les coureurs aux jambes épilées n’arrivent. La descente se fait à bon rythme. Je ferme la marche, derrière les Lotus, la S2000, la Cat et la Clio. Au lieu de suivre l’itinéraire officiel de la Route des Grandes Alpes et donc monter le col de Valberg, nous prenons à gauche la D28 à hauteur de Beuil. Ce qui nous conduit dans les gorges du Cians : quelques kilomètres d’une superbe route virevoltant entre ou même dans les roches rouges. Il y a pas mal de circulation et les endroits pour doubler en sécurité ne sont pas légion. Mais nous avançons à bon rythme, doublant même un bus. Un conducteur de Mazda MX-5 dernier modèle se laisse facilement doubler par les premiers mais ne fait ensuite aucun effort, ne se serrant pas franchement à droite. Une bonne accélération plus tard et il décore les rétros. Pas bien longtemps…

Nous quittons les gorges du Cians et les Alpes-Maritimes. Nous traversons Entrevaux, connue pour sa citadelle Vauban et son musée de la moto. Je n’y ai même pas pris le temps de prendre une photo. Un lieu de plus à ajouter sur la liste…

Nous retrouvons les autres. Les premiers repartent rapidement, bientôt suivis par un local en Peugeot 205 pas vraiment d’origine qui passe devant nous en trombe.

Nous remontons vers le nord par les gorges de Daluis. Le lieu est exceptionnel : une roche rouge, une rivière et une route très sinueuse. Tellement sinueuse que des tunnels ont été creusés pour essayer de la redresser quelque peu. Mais ils ont la particularité d’être très étroits et donc à sens unique. A chaque tunnel, la route se sépare en deux : une voie par le tunnel, l’autre contourne la roche et suit la rivière. Et cela se répète une bonne dizaine de fois sur quelques kilomètres. Je roule derrière la Caterham, à un rythme élevé. Mais je ralentis pour profiter du lieu. Je finis même par m’arrêter pour prendre quelques clichés de cet étonnant endroit. La Clio me dépasse. Puis c’est le calme. Je me suis arrêté à un endroit à sens unique. Il n’y a plus personne. Le silence s’installe quelques instants. Moment magique comme je les affectionne tant, avec cette impression d’avoir un lieu extraordinaire pour soi, et seulement pour soi. Puis un crépitement se fait entendre, suivi d’un son de moteur en pleine accélération. De nouveau quelques explosions d’échappement puis un crissement de pneu. La Fiesta apparaît dans un travers généreux vite rattrapé. Elle passe devant moi à toute allure. Non, non, je ne suis pas au bord d’une spéciale de rallye…

Gorges de Daluis-13.jpg

Je repars et retrouve la Ford plus loin. Nous roulons ensemble. Alors que nous approchons du col de la Cayolle (2 326 m), le ciel s’obscurcit de plus en plus. La pluie finit par arriver.

La faim et la fatigue me saisissent d’un coup et j’ai du mal à rester bien concentré pour le début de la montée. Heureusement, nous nous arrêtons pour boire un coup et faire un point sur le pique-nique, fortement compromis par la météo. Un conducteur de Lotus teste le baquet de la Focus et pense que je me moque de lui quand je lui explique que c’est un mazout… Le sucre du soda (pas de pub !) me requinque. Nous repartons pour voir si la pluie s’est aussi invitée de l’autre côté du col. Nous sommes chanceux, elle cesse peu avant d’arriver dans un bel endroit pour casser la croûte. Un pique-nique VARPien classique ponctué d’une rencontre avec un conducteur d’Elise S1 fier d’être sur le forum Garage111 et de son compère en Mazda MX-5.

Nous partons à pied (pas tous…) pour prendre un café non loin de là alors que la pluie refait son apparition. Le timing parfait pour rester au sec… La descente du col se fait en convoi, sous la pluie. La route est vraiment étroite par endroit. Des pierres parsèment la chaussée. Je me sens pourtant bien plus serein que la dernière fois que je suis passé par ici : il est parfois agréable de ne pas ouvrir la route.

Nous arrivons à Barcelonnette. Il est encore tôt. Nous prenons le temps d’aller voir un forgeron histoire de compléter la collection de couteaux.

VARP-RGA-J3-50.jpg

Après une tournée générale de bière aux douze noms différents, une visite express de Barcelonnette sous la pluie, nous remontons en voiture, non sans qu’un petit malin n’ait re-badgé une Lotus.

Et nous partons vers le gîte. La pluie a cessé. Nous profitons d’un pont de pierre et du décor vertigineux pour une séance de film, drone et photos.

Au gîte, l’ambiance est plutôt calme, au coin du feu. Deux hollandais de passage essayent pourtant de mettre le feu… Quels déconneurs ces gens-là ! Le repas est excellent. Le chat tente de goûter les plats avant que son maître ne s’en aperçoive. Le fromage s’est mystérieusement sublimé, une disparition que les scientifiques sont toujours incapables d’expliquer.

Les derniers rayons de soleil éclairent les cimes.

Puis, telle une secte, un petit groupe part dans la nuit, suivant leur gourou jouant de la graille. Cet instrument a la particularité surprenante d’exciter les ânes. Lorsque nous arrivons à la chapelle, nous nous apercevons que les locaux ont toujours du BSP (bon sens paysan) : la corde permettant de faire sonner les cloches a été accrochée bien haut. Il paraîtrait qu’elles se sont mises à sonner un soir de juin 2016, sans raison particulière, lorsque que le VARP était dans les parages…

Après cette virée nocturne, il est plus que temps d’aller recharger les batteries en vue du dernier jour.

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