Roadtrip #14-3 Sur le toit de l’Europe

4 Juin 2017. Cette première nuit en altitude a été compliquée pour beaucoup d’entre nous. Mais ce n’est pas encore le moment de faiblir. Une longue journée nous attend. Nous profitons de la lumière matinale et du cadre spectaculaire pour continuer de remplir les cartes SD.

Nous partons dans les derniers. Direction le col du Mont-Cenis (2 081 m) et l’Italie. Le paysage est très beau mais le temps n’est pas vraiment au beau fixe. Je monte à bon train jusqu’à arriver presque au même moment derrière un bus et dans un nuage. Je patiente tranquillement. Il roule vraiment doucement. Après un virage, je vois un morceau de ligne droite et personne en face. Sans hésitation, je mets mon clignotant et je déboîte, pédale de droite au plancher. Quand tout à coup une voiture grise sort du nuage en face ! Bon moment de stress. Je reste le pied dedans et parvient à me rabattre devant le bus avec une bonne marge mais pas visiblement pas suffisante pour le conducteur de la voiture qui arrivait en face. Il me fait des appels de phare. Je termine la montée un peu plus sagement.

Après quelques photos, nous descendons en compagnie du dernier groupe. Le paysage toujours très beau devient sublime quand le lac se dévoile. Quel endroit spectaculaire ! Nous rejoignons les autres groupes pour prendre un café.

Puis nous nous séparons de nouveau pour rallier l’Italie. Au poste frontière, les gendarmes ont arrêté la Focus RS, pour un simple contrôle à priori. Mais les gendarmes ont entendu une voix sortir du talkie-walkie, prévenant les suivants. Et ils n’ont pas vraiment apprécié… Bilan : vitres teintées avant à retirer et plaques minéralogiques non-conformes à changer. Nous poursuivons et rejoignons un groupe de voitures roulant très lentement derrière trois camping-cars. La voiture devant moi, une Fiat, a un joint de culasse en mauvais état et laisse sortie une nauséabonde fumée bleutée de son échappement. Un horrible bruit de ferraille se fait entendre à chaque épingle : un des camping-cars a un système de freinage en mauvais état… Il finit même par dégager une forte odeur de plaquettes chaudes à chaque freinage. Benvenuti in Italia ! Après cette interminable et odorante descente, dans un paysage magnifique qui nous fait oublier ces menus désagréments olfactifs, nous arrivons à Susa. Je m’arrête faire quelques photos quand nous sommes interpellés en français par deux dames d’un certain âge. Elles sont inquiètes parce que leur Clio sentait le chaud dans la descente. Nous leur expliquons que c’est normal, qu’il faut qu’elles arrêtent de trop freiner. Et accessoirement qu’elles pensent à changer leurs plaquettes avant dans quelques milliers de kilomètres…

La remontée vers la France est plutôt pénible : beaucoup de circulation, des conducteurs italiens qui passent plus de temps à parler avec leurs mains qu’à conduire correctement, une ligne blanche continue et des motards suicidaires… Bref, tout le contraire du paradis automobile. Presque de quoi faire passer à certains l’envie d’aller au mythique Stelvio ! Le paysage est heureusement encore une fois là pour compenser. Nous nous faisons ensuite bien secouer sur les pavés d’Oultx. Au retour en France par Montgenèvre, nous voyons passer un allemand en Aston Martin Rapide. Toujours aussi belle, cette voiture.

Montgenèvre-1.jpg

La descente du col de Montgenèvre (1 854 m) continue sur le même rythme que le passage italien : nous suivons une Peugeot 206 italienne qui se traîne lamentablement… Il est impossible à doubler, soit parce qu’il n’y a pas assez de visibilité, soit parce qu’il y a trop de circulation, soit parce que le conducteur a tendance à couper les virages. Ou même les trois à la fois… Après un interminable quart d’heure apparaît enfin un bout de ligne droite. Gaz ! A peine entamé ma manœuvre de dépassement et je vois arriver en face (mais loin) deux voitures de gendarmerie ! Quand je les croise après avoir fini mon dépassement, le passager de la première voiture me fais signe de ralentir, le conducteur de la seconde me fait un appel de phare… Encore un bon moment de stress… Je m’arrête un peu avant Briançon pour photographier les suivants. Une Mégane RS blanche manque de m’écraser. La photo est floue du coup…

Je fais le plein à Briançon. Puis nous attaquons la montée de l’Izoard. Mais nous nous arrêtons au Lause, sous un beau soleil, pour pique-niquer. Visiblement, j’y suis allé suffisamment fort dans le bout de montée pour que du carburant ressorte du réservoir…

Le repas terminé, je pars avant tout le monde pour aller faire des photos depuis le parking du refuge Napoléon. Je retrouve avec joie cette superbe route. Quel régal de passer tous ces virolos dans un crissement de pneus ! Les autres arrivent à tour de rôle. Tout le monde a sorti la grosse attaque. Les moteurs rugissent, les pneus crient leur désespoir. La Honda passe une épingle dans un beau survirage, son 2.0 l hurlant de toutes ses soupapes.

L’aubergiste met le feu à la terrasse du refuge avec sa graille. Le public est conquis et en redemande. Il n’en faut pas autant à notre flûtiste en chef.

Le café étant très long à arriver, surtout en plein soleil, je décide de partir et d’aller me positionner dans la descente. Le décor lunaire devrait bien se prêter à une séance photo.

Je vois la première marmotte du séjour. Elle est plutôt bien camouflée dans cet environnement.

Izoard 15.jpg

Une fois la troupe passée, nous reprenons la route, direction le col de Vars (2 108 m). J’en garde un excellent souvenir, après une belle arsouille avec un motard l’an dernier. Au pied du col, un auto stoppeur attend patiemment que quelqu’un veuille bien le prendre. Nous nous demandons au talkie si nous le prenons, histoire de le brasser dans la montée. Cette fois-ci, c’est la FieSTa qui m’ouvre la route. Et autant dire qu’il faut que je me crache dans les mains pour essayer de suivre. La RS bleue a disparu du rétro, nous roulons fort jusqu’aux villages où la Clio nous rattrape. La dernière partie de la route avant le sommet vient d’être re-surfacée. Il n’y a pas encore le marquage au sol et étrangement, je n’arrive pas à trouver mon rythme sans ces repères. Le conducteur de l’Evora me dira le soir avoir ressenti la même chose.Le conducteur de la S2000 nous apprend avoir pris en stop la femme de auto-stoppeur que nous avons vu. Il ne s’est pas privé de la secouer et de la faire crier ! En tout bien, tout honneur bien sûr !

Je prends quelques photos au sommet des premiers qui repartent et de la faune locale en train de se soulager. Ils sont presque aussi bien camouflés que les marmottes !

Nous raccourcissons un peu le parcours pour passer devant tout le monde : au lieu d’aller à Barcelonnette faire du shopping, nous nous attaquons directement à la montée du col de la Bonette (2 715 m). Mais après les premiers lacets, un camion avec remorque nous ralentit considérablement. Et mes tentatives de le doubler restent vaines. Il ne fait absolument rien pour aider en plus… Je finis par m’arrêter pour profiter du paysage et laisse le camion prendre de l’avance. Le décor est grandiose. Et plus nous montons, plus il le devient. La neige fait son apparition. Nous croisons deux mobylettes qui descendent à un rythme élevé. Incongru ! Il est temps de se positionner pour filmer et photographier les VARPiens en pleine action. Et les premiers arrivent déjà, ils n’ont pas lambiné !

Nous finissons ensuite l’ascension. Au sommet, le conducteur de la S2000 se fait charrier par une anglaise pas toute jeune. Elle trouve qu’il fait beaucoup de bruit par rapport à ce qu’il avance… La route pavée la plus haute d’Europe est fermée. Dommage. L’altitude se fait sentir, je ressens le même mal de tête que j’avais eu au Galibier l’année dernière.

Nous partons en premier pour aller se placer aux camps des Fourches. Ce camp, situé à 8 km du sommet se trouve à 2 291 m d’altitude. Construit à partir de 1896 et amélioré ensuite jusqu’à la seconde guerre mondiale, il était occupé par les « Diables Bleus », des chasseurs alpins vivant là en quasi-autarcie. Le site est abandonné, en bien mauvais état. Mais quelle ambiance ! Imaginer des soldats vivant reculés ici est impressionnant.

La fatigue se fait vraiment sentir maintenant. L’appareil photo est resté sagement sur le siège passager. Je n’ai plus assez d’énergie pour tout faire. Je laisse la voiture glisser pour la descente, utilisant la gravité autant que possible.

Nous arrivons dans la vallée de la Tinée. C’est très beau. La roche ocre rouge est surprenante. La Clio RS roule devant moi, et la Fiesta ST me suit. Nous rattrapons une Subaru, roulant paisiblement derrière trois autres voitures, un Scénic, une vieille Mégane et une Audi A6 en plaques anglaises : la dame croisée au col de la Bonette. L’anglaise essaye de doubler plusieurs fois mais en vain. La route n’offre pas assez de visibilité et la Mégane colle de trop près le Scénic pour pouvoir se rabattre entre les deux. Le Scénic finit par tourner et se fait copieusement klaxonner par l’anglaise. Entre temps, nous avons dépassé la Sub. La Fiesta s’impatiente de plus en plus. Nous dépassons la Mégane mais l’anglaise roule assez vite et coupe les virages, ne se laissant pas dépasser.

Bref, nous arrivons enfin au pied du col Saint-Martin (1 503 m). Nous inversons l’ordre : la Fiesta  passe devant, la Clio derrière. La montée se fait à toute vitesse. La RS bleue disparaît rapidement du rétro. La Fiesta prend petit à petit de l’avance. Grâce à son autobloquant, elle peut accélérer vraiment tôt dans les épingles, là où je suis obligé de bien doser les gaz sous peine de sous-virer méchamment. Nous ralentissons fortement une fois arrivés dans les différents villages de Valdeblore, ce qui n’empêche pas une petite frayeur avec un motard qui sort d’un chemin.

Nous retrouvons les autres au sommet puis nous descendons en direction du gîte, dans la vallée des merveilles. Le soir, tout le monde est bien fatigué. Le repas est bien bon, notamment l’agneau tendre et savoureux. Quelques mouches nous embêtent mais pas pour longtemps. La finale du rugby terminée, nos colocataires castrais partis se coucher, le silence gagne le gîte et tout le monde s’endort rapidement.

Quelle journée épique ! Je suis ravi d’avoir enfin été au col de la Bonette. La découverte du Mont-Cenis a été une très bonne surprise. Et comme en plus j’ai pris énormément de plaisir au volant, notamment dans l’Izoard et la col Saint-Martin, ce fut une journée pleine sur tous les tableaux !

2 réflexions sur “Roadtrip #14-3 Sur le toit de l’Europe

  1. halala quel voyage ! Et encore, il n’est pas fini !
    En fait, c’est mieux que je te lise au travail, de chez moi je ne pourrai pas finir un article sans partir faire un tour avec l’appareil photo. Ca donne trop envie !

    J'aime

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