Roadtrip #12 Dans les nuages

15 Avril 2017. Ou plutôt quelques jours auparavant. Le long week-end pascal me donne envie d’évasion. Le beau temps est là. Je prévois de retourner à Ainsa pour visiter ce beau village, histoire d’effacer la frustration engendrée par une météo désastreuse (lire ici). Un retour par le Val d’Aran complétera idéalement cette sortie d’une journée.

Samedi 15 Avril. J’ouvre les volets sur un ciel très gris. Le réveil a été long et difficile. Bref, tout se combine pour chambouler mes plans. Je vérifie la météo sur le parcours prévu et ce n’est que nuages, pluie et grisaille, même en Espagne. Après le petit-déjeuner, pendant lequel j’ai hésité entre annuler cette sortie et la maintenir malgré tout, je décide finalement de partir mais pas selon l’itinéraire prévu. Inutile de tenter de nouveau une visite d’Ainsa si la pluie menace encore. Je décide donc d’aller dans les Pyrénées mais sur la Route des Cols. Je commence à bien connaitre une partie, entre le col du Tourmalet et le col de la Core, mais il m’en reste encore à découvrir.

Allez, en voiture ! Le trajet vers les Pyrénées est relativement pénible, notamment à cause de la circulation chargée de ce week-end pascal. Vivement les cols déserts… J’arrive à Seix au pied des Pyrénées. A l’ouest, le col de la Core. A l’est, ma première destination, le col de Latrape (1110m). Les nuages sont vraiment bas. J’attaque la montée. La route est agréable, en bon état. Il n’y a personne. Ce temps très gris et menaçant a au moins l’avantage de faire fuir les promeneurs. Je m’arrête brièvement au sommet, comme à mon habitude, pour prendre quelques photos. Ce col est relativement bas, aussi la vue est loin d’être spectaculaire.  La descente ressemble à la montée : une route large et lisse, quelques épingles, des virages assez variés, le tout servi au milieu des arbres. La vue se dégage un peu vers la vallée et vers Aulus-les-Bains. Au détour d’un virage, une jolie cascade apparaît. La neige fond en altitude et le débit de ces torrents est assez impressionnant.

Aulus-les-Bains passé, je monte de nouveau, vers le col d’Agnes cette fois-ci. Je me rapproche des nuages. Ce col culmine un peu plus haut que le précédent, à 1570 m. Au-dessus de 1000 m d’altitude, un brouillard épais, dense, couvre tout. La visibilité est très réduite. Je suis littéralement dans les nuages. Je roule au pas. Officiellement, le col est déclaré fermé. La neige fait son apparition sur la fin de la montée, mais il n’y en a pas sur la route. Par contre, il y a quelques éboulis de terre et de cailloux, des branches d’arbre. La plus grande prudence est de mise. Je sors au sommet pour prendre quelques clichés. Il fait froid, à peine 6°C, et bien humide. Je ne m’éternise pas, d’autant qu’il n’y a pas de paysage à admirer dans ces conditions. Sur l’autre versant, il y a encore plus de neige. Mais là aussi la route est dégagée.

Je sors à peine des nuages quand j’arrive à l’étang de Lers, situé à 1264 m d’altitude. L’ambiance est surréaliste : les nuages, la brume, le silence. Etrangement paisible d’un côté et plutôt effrayant de l’autre… Passé cet étang, la route remonte déjà vers le Port de Lers (1517 m). A peine quelques mètres et je me retrouve de nouveau dans les nuages. Au sommet, fini le calme de l’étang : le vent souffle fort. Il fait toujours aussi froid.

La descente est agréable, surtout une fois sorti des nuages. Les virages s’enchaînent sans se répéter. De nombreux torrents, gonflés par la fonte des neiges, descendent en cascade et passent sous la route. Je profite d’une de ces cascades pour m’arrêter manger un morceau, en écoutant le bruit sourd de l’eau tombant sur la roche.

Arrivé dans la vallée, j’ai même droit à un bout de ciel bleu et quelques rayons de soleil. Ils me réchauffent le cœur ! Je traverse Vicdessos et poursuis sur la D8 jusqu’à Tarascon-sur-Ariège.

Vicdessos

Je remonte ensuite la vallée de l’Ariège jusqu’à Ax-les-Thermes par la N20. Je bifurque sur la D613 et commence l’ascension du col du Chioula (1431 m). Cette route est superbe, non pas par la vue, masquée par les arbres, mais par la diversité des virages, son revêtement excellent et la bonne visibilité. De quoi passer un très bon moment volant en main. La circulation est un peu plus présente que sur les cols précédents, mais essentiellement dans l’autre sens. Je m’amuse bien dans les épingles quand je finis par remonter rapidement sur un couple de retraités en Toyota Yaris, roulant à faible allure en mode balade. Attendant sagement un endroit pour doubler en sécurité, je m’aperçois avec étonnement que le conducteur de la Yaris se met à accélérer et commence à couper les épingles… Un peu trop dangereux, il se fait klaxonner par un véhicule qui descend. J’ai parfois du mal à comprendre ce qui passe par la tête de certains… Une fois la Yaris remise à sa place, c’est-à-dire dans mes rétroviseurs, je poursuis jusqu’au sommet qui arrive trop rapidement. Dommage qu’il n’y ait pas quelques kilomètres de plus…

La descente passe par le col d’en Ferret (1421 m) et le col de Marmare (1361 m).

La route rejoint ensuite la vallée. Les virages s’élargissent. Après le village de Camurac, la route remonte un peu, passant par le col des Sept Frères (1253 m). Le paysage est agricole : quelques champs, des pâturages, des fermes, le tout joliment vallonné.

Col des 7 frères.jpg

La D613 se poursuit dans cet environnement, continuant vers le nord-est. Les cols se succèdent : col de Coudons (883 m), col des Bans (670 m) et col du Portel (601 m). Ce dernier surplombe Quillan. Je retrouve la route empruntée il y a quelques temps de retour d’Espagne (lire ici).

Le défilé de la Pierre Lys arrive devant le capot. Toujours aussi impressionnant, c’est cette fois-ci juste un petit avant-goût de la suite : les gorges de l’Aude ou gorges de Saint-Georges. Me doutant qu’il sera certainement compliqué de doubler sur ce genre de route, je m’arrête quelques instants pour repartir au moment opportun, sans véhicule juste devant moi. C’est peine perdue, juste au moment où je rentre entre les murs de roches, un vieux camion Mercedes de soixante-huitard sur le retour quitte sa place de stationnement et s’engage devant moi. Et il roule très, très lentement dans une fumée noire immonde… Heureusement je parviens rapidement à le doubler. Je peux enfin profiter de cette route, à mon rythme. Une route de gorges typique : un muret à gauche puis la rivière, deux hauts murs rocheux et une bonne quantité de virages. De quoi bien s’amuser !

Quand les gorges se terminent, je pensais initialement prendre une petite route pour regagner Ax-les-Thermes et rentrer à la maison. Mais la route en question ne m’inspire pas du tout confiance : très étroite, elle semble n’être destinée qu’à la desserte locale. Je préfère de ne pas prendre le risque, d’autant que je prends du plaisir sur cette D118. Elle monte de nouveau vers le col de la Quillane (1714 m).

Mais à Formiguières, je bifurque sur la D32 avant d’arriver au sommet du col. Arrivé à la station de ski des Angles, je profite quelques longues minutes de la vue sur la haute plaine et le lac de Matemale.

Le soleil est bien là maintenant. Je poursuis encore quelques kilomètres vers le sud.

D118.jpg

J’arrive à Mont Louis, village connu et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses fortifications de Vauban. J’étais déjà venu visiter en janvier, sous la neige. Aujourd’hui, l’ambiance est différente : un grand soleil, pas de neige et déjà beaucoup de touristes.

Il est 18h. Il me reste encore 3 heures pour rentrer, aussi je décide d’en rester là pour cette fois. Je quitte la Route des Cols et je rentre. Sauf que le chemin du retour passe par Font-Romeu… C’est toujours la route des Cols ! Je profite à bon train d’une dernière superbe descente ! Et un peu plus loin, j’ai le choix entre emprunter le tunnel de Puymorens ou monter le col du même nom. Vous vous doutez bien que je n’ai pas choisi le tunnel… Et me voilà de nouveau dans les nuages, à 1920 m d’altitude.

J’ai vécu une matinée étrange, perdu dans les nuages. Je n’ai pu profiter ni de la vue ni de la conduite. Mais j’ai apprécié pleinement cette atmosphère particulière, ce calme, ce sentiment d’être loin de tout. L’après-midi m’a offert de belles découvertes et de beaux moments de conduite. Que vouloir de plus ? Juste y retourner !

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