Roadtrip #11 Tel père, tel fils

6 Avril 2017. Il y a quelques mois, j’avais tenté une sortie dans les Pyrénées avec mes enfants. Malheureusement, le plus petit est rapidement devenu tout pâle dès l’ascension du premier col, pourtant faite à un rythme adapté. Au second col, il devenait vert… Bref, je n’avais pas insisté et nous avions fait demi-tour pour rentrer à la maison. L’aîné qui soufflera bientôt sa dixième bougie comme une Lamborghini Gallardo (ou une Viper, au choix…) a bien aimé. A vrai dire, il est même resté un peu sur sa faim. Je lui ai donc concocté une sortie rien pour que lui.

Un petit souci de pression de pneu a quelque peu perturbé et retardé le départ, mais un contrôle m’a rapidement rassuré : pas de crevaison, juste un petit caprice de l’électronique. Une réinitialisation plus tard et nous étions partis. Au programme de cette journée, une boucle de 450 km entre Tarn, Aveyron, Gard et Hérault pour lui faire découvrir le Cirque de Navacelles que je commence à bien connaître (lire ici et ici). Ensuite, nous en profiterons pour suivre les gorges de la Vis que ni lui ni moi n’avons empruntées auparavant.

Mais avant d’en arriver là, il faut suivre la N126 jusqu’à Castres, puis la D622. La circulation est assez présente et bien ralentie par de nombreux semi-remorques. La météo est étrange. Le ciel est très lumineux mais bien gris, comme brumeux. Pas vraiment les conditions idéales pour prendre des photos de paysage. Nous espérons que cette brume se lève rapidement. Les premiers virages se présentent dans la région du Sidobre juste après Castres. Ensuite la route se faufile entre les monts de Lacaune, passant par le col de la Bassine (885 m). Cette région est bien boisée. La vue est bien souvent bouchée par les sapins. Lacaune derrière nous, nous poursuivons sur la D607 puis la D622 de nouveau où la circulation est enfin bien réduite. Le passage par le Col de la Croix de Deux Sous (897 m) nous amène à Moulin-Mage. Puis nous montons et descendons le Col de la Jasse (901 m) et arrivons à Murat-sur-Vèbre. Cette route est sympathique, suivant agréablement le relief. Comme il n’est pas si marqué que cela, les virages sont larges et fluides. Ici aussi la vue est souvent masquée par les arbres. Le Col del Par (864 m) est le suivant sur la liste. Puis la route redescend vers une rivière, le Dourdou qui nous traversons grâce au Pont de la Mouline. Le relief devient un peu plus abrupt, plus marqué bien qu’il ne culmine pas plus haut. La montée vers le Col de La Croix du Mounis (808 m) est du coup encore plus plaisante. La vue au sommet est surprenante. Le vent aussi ! Il souffle fort ! Nous nous trouvons tout en haut de falaises abruptes : les Falaises d’Orque.

En descendant, nous nous rendons mieux compte de la taille de ces falaises qui sont assez impressionnantes dans cet environnement de basse montagne.

Falaises d'Orque.jpg

La route devient D922 en passant dans l’Hérault. Elle descend doucement jusqu’à une nouvelle rivière, la Mare. Le soleil perce de plus en plus même si le ciel reste étrangement voilé. Peu avant d’arriver à Saint-Gervais-sur-Mare, nous bifurquons sur une toute petite route pour rallier la D52 plus au Nord. La chaussée, parfois en mauvais état est à peine plus large que la voiture. Heureusement qu’il n’y a personne d’autre.

Pause-déjeuner-2.jpg

Nous traversons quelques hameaux perdus dans la nature où les maisons datent d’une époque où l’automobile n’existait pas. Par conséquent, l’espace nécessaire pour passer est souvent tout juste suffisant. Je m’aperçois que finalement cette route ne prend pas la direction escomptée. Sur la carte, ce qui paraissait être la bonne route n’est en réalité qu’un chemin de terre qui traverse à gué une petite rivière. Bon, inutile d’insister, il est préférable de faire demi-tour. Une table de pique-nique idéalement placée dans une épingle, avec une superbe vue nous incite à nous arrêter ici pour casser la croûte.

Nous voici de retour sur la D922, l’estomac plein. A Saint-Etienne-Estréchoux, nous tournons à gauche sur le D23 pour retrouver l’itinéraire prévu. Nous nous retrouvons alors au fond d’une vallée encaissée où se trouve une petite ville avec un drôle de nom : Graissessac. Les maisons sont concentrées au fond de la vallée, disposées tout en longueur. Les ruelles sont vraiment étroites. J’ai même cru devoir replier les rétroviseurs à deux ou trois reprises ! Nous prenons ensuite la D163 qui monte abruptement. Quelques lacets nous permettent de sortir des châtaigniers et d’avoir une vue imprenable sur Graissessac.

Graissessac.jpg

Cette route est vraiment agréable, proposant une superbe vue et une série de virages délicieusement variés. C’est une excellente surprise. Heureusement que nous ayons dû faire demi-tour et passer par ici ! Nous arrivons au Col du Rulladou (555 m).

Puis nous continuons de monter jusqu’au Col des Cabanes (718 m). La route passe d’un mont à l’autre (Mont Cabanes, Mont Paréviol, Mont Agut), la vue changeant fréquemment.

Finalement, nous arrivons au Col de la Font, où l’Hérault laisse place à l’Aveyron puis au Col du Layrac (765 m). Pour descendre, nous prenons une route qui s’enfonce dans une forêt jusqu’à Rials. La chaussée est en très mauvais état. Il faut faire bien attention aux nids-de-poule. Puis tout à coup, le goudron est tout neuf, bien lisse.

Rials.jpg

Retour dans l’Hérault. La route suit un ruisseau, La Grave. Le revêtement fraîchement posé disparaît, laissant de nouveau place à une route en mauvais état. Puis une nouvelle portion toute neuve nous amène à Avène, un joli petit village.

Avène.jpg

Nous empruntons la D8 qui monte vers le lac d’Avène. Un barrage a été érigé ici sur l’Orb. Le vent souffle fort, l’eau est agitée.

La D8 continue de monter, offrant de larges virages jusqu’au Col de la Moutoune (623 m).

Nous redescendons ensuite à Ceilhes-et-Rocozels où nous suivons l’Orb par la D902. Nous effectuons quelques kilomètres plus loin une nouvelle montée pour cette fois-ci arriver sur la Causse du Larzac. Un temple bouddhiste attire les regards par ses fanions multicolores.

Montée vers causse du Larzac.jpg

Arrivé au Caylar, je retrouve la route que j’ai empruntée en Septembre 2016 lors de mon Grand Tour. Nous arrivons finalement au but de ce voyage : le cirque de Navacelles. Déjà réellement impressionnant pour un adulte, il est encore plus avec les yeux d’un enfant de 10 ans. Circuler sur ces route étroites, où croiser un autre véhicule demande patience, précision et sang-froid, l’impressionne tout autant que la vue elle-même.

Blandas derrière nous, nous surplombons bientôt Vissec et une partie des Gorges de la Vis. La rivière est ici souterraine et ressort par une cascade dans le cirque de Navacelles. Le lit asséché de la Vis que nous voyons ne redevient rivière qu’en cas de gros orage.

Vissec.jpg

Il est l’heure du goûter. Une compote et deux madeleines plus tard, nous rentrons dans les Gorges de la Vis. Pour ceux qui ont déjà parcouru les Gorges de la Jonte, de la Dourbies ou pire, du Tarn, il y a de quoi rester sur sa faim malgré les madeleines. C’est joli, certes. La roche qui tend vers l’orange vif est surprenante. Mais à part ça, ce n’est pas très profond, ni étroit et c’est vraiment court. Bref, ce n’est pas vraiment spectaculaire. Un peu déçu, je m’attendais à mieux. Mon fils aussi je pense. Quand je lui ai demandé s’il était d’accord pour faire demi-tour pour retourner faire quelques photos, il n’était pas trop motivé…

Alzon marque la fin de ces Gorges. Nous prenons la route du retour, quittons le Gard pour revenir en Aveyron par la D7. S’en suit une grosse demi-heure sans que je prenne une seule photo. La route est agréable, la paysage sympathique, mais rien qui ne justifie selon moi de titiller le déclencheur. A Fondamente, des travaux barrent la route. Bien entendu une déviation a été mise en place. Mais un panneau à l’opposé attire mon attention : Roquefort-sur-Soulzon. Etant resté sur notre faim, c’est normal ! Allons-y, allons découvrir ce lieu mondialement connu pour son fromage. Et le choix est judicieux. Devant nous le relief prend de l’ampleur.

Causse aveyronnaise.jpg

La route monte vers le Col des Aiguières (684 m). La vue sur la vallée et le village de Tournemine permet de continuer à remplir la carte SD.

La route descend un peu et nous arrivons à Roquefort. Voir ces toutes ces marques de fromage réunies ici est assez étrange. Le village est petit, les installations les plus grandes ne semblent pas immenses. C’est à se demander comment est-ce possible d’alimenter la France, et même plus, à partir d’ici.

J’ai expliqué à mon fils que nous n’étions plus très loin du viaduc de Millau avec ce détour improvisé. Et il est vraiment motivé à y aller. Il l’a déjà vu il y a cinq ans, mais il ne s’en rappelle pas. Direction Millau, nous roulons quelques kilomètres puis le viaduc, toujours aussi gigantesque, apparaît à l’horizon. Aucune réaction dans le baquet de droite. Etrange ! Je lui demande : « Alors, qu’est-ce que tu en penses ? ». Réponse : « De quoi ? ». Il était perdu dans ses pensées et n’a pas réalisé ce qu’il y avait devant lui. Nous arrivons ensuite sous le pont et descendons le long du Tarn. Là encore, j’ai vu qu’il était bien impressionné par la taille de l’édifice.

Il est plus de 18h, il est temps de songer à rentrer. La route commence à être habituelle. Saint-Affrique, Saint-Sernin-sur-Rance. Mais cette fois-ci, je dois d’abord aller chercher mon second fils chez mes parents et bifurque à Alban, direction Réalmont. Le soleil couchant est une bonne occasion de faire quelques clichés.

Puis nous arrivons au village de Lautrec, connu pour son quartier médiéval mais surtout pour la culture de l’ail rose. La nuit est déjà là, il est presque 21h. Mais il nous reste encore un peu d’énergie pour aller voir le moulin et prendre les dernières photos.

Au final, le parcours s’est bien rallongé et l’odomètre affiche 560 km lorsque je gare la voiture dans le garage. Une belle et longue journée, où j’ai pu apprécier de partager ces moments, ces découvertes, ces imprévus avec mon fils. C’est un vrai plaisir de lui faire découvrir des lieux exceptionnels comme le cirque de Navacelles et de voir l’émerveillement dans ses yeux d’enfant. Comme je n’ai pas entendu une seule fois le classique « c’est quand qu’on arrive », je me demande s’il n’est pas déjà bien mordu, comme son père…

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