Roadtrip #10-2 C’est bien le printemps !

26 Mars 2017. Après la météo épouvantable et hivernale de la veille (lire ici), j’ai changé mon itinéraire. J’avais prévu de remonter vers les Pyrénées par la fameuse route C-462, déjà empruntée en juin dernier (lire ici). Elle m’a laissé un tel souvenir que c’était l’occasion d’aller en profiter de nouveau et de la découvrir dans des conditions différentes. Je choisis donc la sécurité et prévois de rallier la Seu d’Urgell par la C-14.

Le soleil est pourtant revenu aujourd’hui. Un grand ciel bleu me réchauffe le cœur quand j’ouvre le store de la chambre d’hôtel. Quel contraste avec la journée d’hier ! Le petit-déjeuner rapidement avalé et me voilà sur la route, vers 8h30 (donc 7h30 s’il n’y avait pas eu le changement d’heure cette nuit-là). La lumière matinale est vraiment belle. Je quitte Balaguer par la C-26. Les paysages deviennent de plus en beaux au fur et à mesure des kilomètres. Surtout que rapidement, la neige refait son apparition, sur les sommets environnants. Elle a globalement déjà bien fondue, notamment sur les routes. Un peu de brume au fond des vallées, quelques touches de blanc et un beau ciel bleu, de quoi ravir le photographe. J’ai envie de m’arrêter toutes les cinq minutes…

Je rejoins la route C-14, qui continue à suivre le Segre. Elle est plutôt sympa, vallonnée et suffisamment sinueuse pour prendre du plaisir au volant. Elle permet aussi d’en prendre plein les yeux, le décor changeant rapidement aux détours de chaque virage. Par contre il y a un « mais » et un gros ! Autant la circulation reste fluide à cette heure matinale, autant les autorités espagnoles ont eu la désagréable idée de réunir ici un arsenal photographique. Je n’ai pas compté combien de radars automatiques j’ai croisés sur cette route, mais il me semble n’avoir jamais rencontré une telle densité auparavant. Je ne cherchais absolument pas à rouler vite, plutôt à profiter du paysage. Et passer son temps à surveiller le compteur et le bord de la route n’est pas vraiment le meilleur moyen de jouir de la vue… Je regrette déjà de ne pas avoir suivi l’itinéraire prévu. Je n’aurais sans doute pas roulé plus vite mais au moins je me serais senti libre ! Bref, revenons aux paysages. Parfois la route doit traverser une zone plus montagneuse, rocheuse. Bien que d’importants travaux aient modifié la nature, les virages deviennent plus serrés et encore plus nombreux, bordés de roche ocre rouge. Il y a vraiment de très beaux passages. Au détour d’un virage à gauche surgit une Volvo P1800 dans une belle robe rouge. Il est déjà très rare d’en croiser une, alors avec en plus ce décor en toile de fond, je regrette de ne pas avoir pu prendre une photo !

C-14.jpg

J’arrive peu après à Oliana où le parking d’un hôtel me permet de m’arrêter pour prendre quelques photos. Il y encore pas mal de neige par ici.

Quelques kilomètres après Oliana, le relief s’accentue. Puis un barrage apparaît, formant la « Pantà d’Oliana ». La route suit le bord du lac. Une série de tunnel a été creusée ensuite pour rendre la route plus fluide. Les anciennes portions de la route sont toujours là, débutant à l’entrée de chaque tunnel et réapparaissant à chaque sortie.

Je finis par laisser la C-14 derrière moi et je prends la N-260. L’heure avance et la circulation commence à devenir plus dense. J’arrive à la Seu d’Urgell. Ici, il ne reste absolument plus de neige, tout a déjà fondu. Ce qui me fait d’autant plus regretter de ne pas être passé par la route C-462. Après un court moment d’hésitation, je choisi de continuer ma route. Elle est déjà suffisamment longue avant d’arriver à la maison ce soir.

La Seu D'Urgell.jpg

Je continue sur la N-260 qui se prolonge maintenant vers l’Est, longeant la chaîne pyrénéenne. Le décor est toujours aussi beau. Heureusement, parce que la circulation, notamment de lents touristes français (tarnais même…), est toujours bien présente tout comme les radars. Dans mes rétroviseurs apparaît une Golf un peu plus menaçante que celles que l’on a l’habitude de croiser : une R, toute blanche, toute récente. Il double facilement dans un beau bruit. J’en profite pour lui emboîter la roue. C’est que ça marche fort, cette voiture du peuple !

Nos routes se séparent rapidement. Je passe Puygcerda et j’arrive au pied d’une route qu’un ami motard m’a conseillée : la Collada de Toses. Un panneau indique de faire attention aux virages, sur 45 km ! Cool !

N260-6.jpgComme une route plus directe a été construite plus au Sud pour rallier Barcelone, cette portion de la N-260 est vraiment peu fréquentée. Et aucun radar à l’horizon ! La liberté est de retour. J’attaque la montée. Rapidement, la vue devient spectaculaire. Même vertigineuse ! Lorsqu’un virage à gauche se profile, il n’y a plus qu’un parapet et le vide devant mon capot. Interdiction de rater son freinage ! Quelle route !

La neige apparaît vers 1500 m. Les sapins sont tout blancs. C’est magnifique. Le bitume est parfaitement sec, lisse et adhérent. Le soleil brille, le ciel est bien bleu. Difficile de rêver mieux. Les paysages sont somptueux, recouverts de cette neige immaculée. Quelques nuages aussi blancs que la neige sont posés sur les sommets comme une touche de chantilly sur un gâteau recouvert de sucre glace.

Quel endroit ! La relative déception de la matinée est complètement oubliée. La découverte de ce genre d’endroit et les émotions que l’on ressent alors sont le vrai moteur de la passion qui m’anime. Je profite à fond de ce moment.

La descente est faite du même bois : du sapin, de la neige, des virages à foison et une vue à affoler l’autofocus. Je finis par arriver dans la vallée, laissant derrière mois cette portion de N-260 qui sera certainement bien positionnée dans le bilan de 2017 (et nous ne sommes pourtant qu’en Mars…). Je m’arrête faire le plein. Bien qu’ayant une autonomie plus que confortable, entre 700 et 800 km selon le profil de la route et l’ampleur des mouvements du pied droit, il faut bien donner à boire aux chevaux (de trait). Autant profiter des prix espagnols ! Je quitte ensuite cette N-260 pour remonter vers le Nord et la France par la C-38. Il n’y a plus de neige. Face à moi se dresse le Col d’Ares et ses 1513 m. La montée est sympa, la route est belle. Bon, difficile de passer après la Collada de Toses… Au sommet, qui marque la frontière entre France et Espagne, la vue est magnifique sur chaque versant.

Un panneau commémoratif rappelle que 100 000 réfugiés espagnols sont passés ici en janvier 1939, fuyant le régime de Franco. La route s’arrêtait alors au sommet côté espagnol et ne reprenait que 4 km plus bas, côté français. Une photo montrant de nombreux véhicules abandonnés au sommet illustre le panneau. Émouvant de penser à cette scène en voyant devant soi le sentier emprunté il y a presque 80 ans par tous ces gens, dans la détresse.

La descente côté français est agréable bien que la route, la D115, ne soit pas en très bon état. Rapidement, les lacets se frayent un chemin dans les arbres, bouchant la vue. En bas se trouve Prats-de-Mollo, un bien joli village.

Prats-de-Mollo.jpg

La D115 suit ensuite le cours du Tech. Une paroi rocheuse à gauche, un petit muret à droite, puis le ruisseau. Parfois un petit pont de pierre ou un tunnel pour concilier circulation et nature. Et devant le capot, toute une ribambelle de virages que je prends un malin plaisir à négocier ! Deuxième bonne surprise de cette journée, cette portion de la D115.

D115.jpg

J’arrive à Amélie-les-Bains d’où la vue sur Palalda me convainc d’une nouvelle pause photo.Palalda.jpg

Je repars direction Perpignan. Le soleil toujours aussi présent me décide à faire un crochet imprévu vers Argelès-sur-Mer. Après les cimes enneigées, entendre le bruit des vagues est quelque peu irréel.

Argeles1.jpg

Malheureusement, je n’ai pas le temps de bronzer. La route est encore longue. Parce que, bien entendu, je n’ai pas l’intention de prendre l’autoroute…

Je passe Perpignan et prend la D117, direction Foix. J’ai l’impression de revenir en début de matinée : circulation, radars… Sauf que les paysages ne sont plus du tout les mêmes. Je roule au milieu des vignes, entre deux rangées de hautes collines.

Plus loin, la route rejoint le cours de l’Aude. Et tout un coup elle passe dans une faille rocheuse, vraiment étroite et profonde : le défilé de la Pierre Lys. Certes, c’est court, mais ce passage est surprenant et impressionnant.

Défilé de la Pierre Lys.jpg

Je traverse Quillan. Puis la D117 se met à monter. Un bel enrobé, des virages variés, quelques épingles, pas de circulation, une belle vue sur Quillan et la vallée… Je crois que tous les cases sont cochées pour classer ce bout de route dans la catégorie « belles routes » selon mes critères.

Et cela se prolonge sur quelques kilomètres puisqu’après la route redescend vers Puivert et son château puis monte de nouveau jusqu’à Belesta. La suite sera plus monotone, Lavelanet, puis Foix et l’autoroute pour me ramener  à la maison.

Ainsi s’achève cette boucle espagnole de 1160 km. Quel contraste entre la journée de hier et ses conditions dantesques et aujourd’hui où j’étais en T-Shirt au bord de la mer ! Côté découverte et paysages, j’ai fait le plein, même si je n’ai pas vraiment profité de l’Aragon (notamment le village d’Ainsa). J’ai eu un gros coup de cœur pour la D115 entre Prats-de-Mollo et Amélie-les-Bains et surtout pour la Collada de Toses. Quel endroit fantastique !

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