Roadtrip #9 Et au milieu coule une rivière

10 Mars 2017. Le beau temps est de retour. Il est plus que temps de retourner arpenter les routes sinueuses après une longue pause hivernale. Pour cette reprise des hostilités, j’ai prévu un parcours assez simple et pas trop ambitieux, même s’il est assez long : 600 km. La plupart des cols de montagne sont toujours fermés. Donc je raye des possibilités les Pyrénées, les Alpes et le Massif Central. J’aimerai bien quand même qu’il y ait du relief pour reprendre de bonnes habitudes. Donc mon choix se porte sur les Cévennes.

J’ai déjà goûté à cette belle région il y a un peu plus d’un an, lors de mon premier roadtrip (lire ici). J’avais vraiment aimé ces belles routes désertes, ces paysages accidentés et rocailleux.

Je dépose les enfants à l’école, passe faire le plein et c’est parti ! Un morceau d’autoroute puis la D999 bien chargée à cette heure-là me permettent d’arriver en Aveyron. Je profite de ma première pause pour faire quelques clichés d’un petit pont qui enjambe le Tarn. Le temps est superbe, la circulation rare sur cette petite route qui passe sous le viaduc. Je prends mon temps pour me réhabituer à l’appareil photo et retrouver « l’œil ». Mes premières photos me rassurent : la lumière est belle, le ciel aussi. Et la photo, finalement, c’est comme le vélo…

Viaduc de Millau

Je reprends mon chemin, traverse Millau et continue de remonter le Tarn. En approchant de Rivière-sur-Tarn, un panneau commence à m’inquiéter : route barrée à 15km… Je poursuis et traverse Rivière-sur-Tarn. Arrivé au Rozier, mes craintes s’avèrent fondées. La route des Gorges du Tarn que je souhaitais emprunter, est bien barrée à un kilomètre de là. Décidément, elles sont compliquées ces gorges ! Après un premier roadtrip qui s’est montré relativement frustrant à cause de la circulation très dense de la période estivale (lire ici), voilà qu’aujourd’hui la route est barrée ! Petit moment de réflexion… Hors de question de faire demi-tour. A ma droite part la D996, route par laquelle je devais revenir selon mon itinéraire prévu. Elle suit une autre rivière, la Jonte, à la frontière entre Lozère et Aveyron. En route pour les Gorges de la Jonte ! Ces gorges sont étroites, plus que celles du Tarn. La route, assez large et en bon état se situe assez haut dans les gorges, plus près du sommet que de la rivière. Aussi, je n’ai jamais vu la Jonte en conduisant. Le soleil, le ciel bleu, une route déserte qui serpente le long de la paroi rocheuse ocre… Quel bonheur de retrouver tout cela après l’hiver ! Je roule à mon rythme, fenêtres ouvertes, profitant de ce paysage, du beau temps et des nombreux virages tout au long de la vingtaine de kilomètres de ces gorges de la Jonte.

La route commence à s’élever. Je profite de la première épingle pour m’arrêter prendre quelques photos. L’endroit étant calme et bien beau, je décide d’y rester un peu plus longtemps pour manger un morceau.

Je repars et continue de monter. La vue se dégage à mesure que je prends de l’altitude. La végétation hivernale prend une teinte beige-dorée sous ce soleil et se marie parfaitement avec le bleu profond du ciel. J’arrive au Col de Perjuret (1031m) où je bifurque sur la D18. La route descend à peine puis remonte légèrement et passe par le Col de Fourques quelques centaines de mètres plus loin. Encore quelques virages et la neige commence à apparaître sur les bas-côtés. Devant moi se dresse le Mont Aigoual et ses 1565m. L’ascension se fait tranquillement, la route étant couverte de graviers. Plus je monte et plus les environs blanchissent.

 

La neige est en train de fondre doucement mais il en reste encore pas mal à certains endroits. Arrivé au sommet, je remarque tout d’abord une superbe flaque, idéale pour réaliser un shooting photo qui aboutira à cette photo, clairement une de mes préférées, si ce n’est la préférée.

Ford Focus ST au Mont Aigoual

Ensuite, je me dirige vers cette drôle de station météo qui ressemble à un ancien château fort rénové et aménagé par le méchant d’un James Bond. Je remarque un endroit du parking encore particulièrement enneigé et tel un enfant qui ne peut résister à sauter dans une flaque, je m’empresse d’y mettre les roues. La vue à 360 degrés est vraiment belle bien qu’un peu bouchée par la brume vers le Sud.

Je reviens sur mes pas, repasse au Col de Fourques et prends la D119. Cette route, toujours déserte, descend fortement vers d’autres gorges, celles du Tarnon. Je remonte le courant, la route suivant naturellement chaque virage de la rivière. Un vieux pont en fer attire mon regard et me donne envie de tenter quelques photos.

Cette route est agréable. Les virages s’enchaînent avec douceur et fluidité, sans besoin de beaucoup freiner. De quoi se faire une balade très sympathique, fenêtres ouvertes pour profiter des odeurs, du chant des oiseaux et du bruissement de l’eau qui coule.

Je passe à côté de Florac, prend en photo l’église de Cocurès et poursuis vers Le-Pont-de-Montvert par la D998. Une fois encore, cette route suit le tracé d’une rivière, le Tarn cette fois-ci. Elle ressemble fortement à la route précédente, déserte, fluide et tout aussi belle. De petits ponts en pierre permettent de franchir les nombreux cours d’eau qui alimentent le Tarn.

Je quitte ensuite cette rivière et commence une ascension, direction plein Nord. Devant mon capot se dresse le plus haut sommet cévenol : le Mont Lozère et ses 1699 m. La route est étroite, dans état plus que moyen. L’hiver y a laissé des traces. Les pentes du Mont Lozère doivent servir de pâturages à bon nombre de bovins à en juger par les grandes fermes et l’odeur dans certains endroits. Cette odeur typique qui me rappelle l’étable de mes grands-parents. Le décors change : la roche calcaire ocre laisse place à une multitude de blocs de granit parfois bizarrement empilés. L’ascension se fait par le col de Finiels. La neige apparait là aussi au détours d’un virage, d’abord juste en bordure de la route puis ensuite elle recouvre encore de grandes partie du paysage. Arrivé au sommet du col, à 1541 m, de nombreuses voitures sont garées là. Les gens profitent des dernières neiges, à pied ou en ski de fond.

La descente se fait en douceur en profitant du paysage jusqu’à ce que les sapins masquent la vue. Je traverse Le Bleymard, Saint-Julien-du-Tournel, Bagnols-les-Bains en mode « liaison ». Je prends ensuite la D41, une route minuscule qui grimpe puis redescend fortement, à l’aide de plusieurs épingles vraiment serrées. Lanuéjols, Brénoux, la D25 jusqu’à Saint-Etienne-du-Valdonnez puis la N106… Bref, je retourne au sud vers les Gorges du Tarn. La D31 surplombe les gorges. La vue est saisissante, notamment en apercevant les quelques lacets en contre-bas.

Il est temps de remettre les roues sur cette D907Bis, route des Gorges du Tarn. Direction Saint-Enimie, un des plus beaux villages de France. Un panneau m’indique que la route est bloquée après les Vignes à cause d’un éboulement. Le soleil est déjà assez bas. Ce qui complique bien les choses pour prendre des photos correctes : le contraste entre la partie des gorges qui est déjà plongée dans l’ombre et celle en pleine lumière est fort et difficile à gérer. Saint-Enimie est presqu’entièrement dans l’ombre. Impossible pour moi d’en faire une photo correcte. Je ne m’attarde pas et décide d’oublier un peu l’appareil photo et de profiter à fond, volant en mains, de cette route. Pour une fois qu’elle est presque déserte ! Le soleil, souvent de face, me gêne aussi pour conduire, rendant les changements entre ombre et lumière difficiles. Décidément, les éléments ne jouent jamais en ma faveur ici ! Mais rapidement, le soleil est suffisamment bas pour ne plus être problématique. Et là, quel bonheur ! Quelle route ! Des virages variés, des tunnels taillées dans la roche, un bitume de bonne qualité, de superbes petits villages, un décors époustouflant, le tout servi avec un beau ciel bleu. Quel moment de conduite ! Je fais une pause rapide à Saint-Chély-du-Tarn, pour une fois facilement accessible. Je repars vite, voulant continuer à descendre le Tarn dans ces conditions idéales. Quelques petits éboulis sur la route me rappellent que je vais bientôt devoir faire demi-tour et remonter par les Vignes par la même route que j’ai empruntée en Juillet dernier. Mais en réalité non, la route est maintenant ouverte ! Il y a bien un endroit où le bitume est tout neuf, mais à part ça rien, les travaux sont terminés. Il faut croire que la route a été ré-ouverte dans la journée.

De retour à Rivière-sur-Tarn, la boucle bouclée, je m’arrête pour rassasier un petit creux. Mes pensées sont toujours dans les Gorges du Tarn. J’hésite vraiment à refaire la boucle Gorges du Tarn-Gorges de la Jonte. Mais cela ne serait pas raisonnable : le soleil est déjà bien bas et il me reste encore pas mal de chemin à faire pour rentrer. Je me résous donc à tourner le dos à ces superbes routes.

Mostuéjouls

Après 610 km et dix heures au volant, que retenir de cette première sortie de 2017 ? Déjà, que c’est bon de renouer avec les roadtrips ! Le sentiment de liberté est toujours bien présent, encore plus fort après une période sans promenade de ce genre et sur ces routes désertes. Les Cévennes sont vraiment un bel endroit pour les amoureux de nature et de balades (motorisées). Les petits tracas des Gorges du Tarn ont vite été oubliés et je suis rentré fatigué mais heureux, des belles images en tête et sur la carte SD. Vivement la prochaine !

Un petit mot sur la voiture ? Rien de spécial à dire, rien de plus que ce que j’ai déjà écrit à son sujet. Il va juste falloir que je passe au garage lui offrir de nouvelles gommes avant…

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