Là où tout a commencé

Aujourd’hui, je vous propose un retour en arrière. Un retour pour expliquer où et comment a commencé cette passion qui m’anime aujourd’hui. Retour donc à une époque où je ne me préoccupais pas vraiment de trouver les plus belles routes possible.

En cet été 2014, je suis parti en vacances en Corse, en voiture. Une fois débarqué du ferry à Bastia, le plan était de rejoindre Lumio par une route pittoresque, profiter du trajet pour découvrir le nord de cette belle île.

Direction donc le Col de Teghime par la D87. Cette route est typiquement corse, très sinueuse, étroite et parfois vertigineuse. Arrivé au sommet, mon attention est attirée par un canon allemand de la seconde guerre mondiale juste devant un monument. La prise de ce col en Octobre 1943 par les Goumiers marocains a été une victoire essentielle pour la reconquête de Bastia. Il est vraiment impressionnant et émouvant de trouver une pièce d’artillerie dans ce lieu, souvenir de ces combats. Pourtant ce col n’a pas besoin de cela pour se montrer impressionnant : à l’Est, le regard descend vers Bastia, puis la mer. A l’Ouest, c’est Saint-Florent, puis la mer. Et au milieu, un relief escarpé, sauvage, recouvert de cette végétation typique. Bref, la Corse ! Première claque. On a beau en avoir entendu parler, avoir vu des images, des photos, rien ne remplace le fait d’y être.

La descente vers Saint-Florent ressemble à la montée. La route est très sinueuse. La circulation est assez dense, certainement normal pour une fin juillet. Mais la vue sublime fait vite oublier ce désagrément. La route suit la côté. A droite, la mer d’un bleu profond. A gauche, la montagne escarpée. Au milieu, une belle route, sinueuse et en bon état. Avouez qu’il est difficile d’imaginer bien mieux… Saint-Florent passé, je prends la D81 qui s’éloigne de la mer, coupe à travers la montagne. Bien évidemment, elle est loin d’être droite ! Quand la mer se rapproche de nouveau, une belle ville apparait aussi : L’Ile Rousse. Ce nom vient de cette drôle de presqu’île, en roche rousse. La plage de sable fin est minuscule et bondée de vacancier, mais l’eau turquoise donne envie d’aller faire trempette. Mais il reste encore quelques kilomètres, avalés rapidement sur la T30, une route plus importante, donc plus large, en meilleur état et forcément plus passante. Le cadre est toujours aussi sublime, entre ciel azur, montagne escarpée et mer turquoise. Je m’arrête à la Marine de Sant’Ambroggio, lieu de mon séjour.

Coucher de soleil corse Sant Ambroggio

Après quelques jours à profiter de la plage, du repos et des couchers de soleil, j’ai bien envie de prendre la voiture pour aller découvrir un peu plus cette île magnifique. Et nous y voilà. Mon premier véritable roadtrip ! Il s’agit juste de prendre du plaisir au volant, de profiter des paysages et d’immortaliser tout cela à l’aide de mon appareil photo. Bref, exactement ce que je fais encore aujourd’hui.

Je pars plein Sud par la T30. J’ai déjà envie de m’arrêter toutes les cinq minutes pour faire des photos. Un panneau indiquant le camping « Panoramic » attire mon attention et je me dis bêtement que la vue doit justifier de prendre cette route qui monte vers l’intérieur des terres. Après une courte montée, je découvre un village perché, niché à flanc de falaise. Très beau, mais la vue vers la mer est bouchée et je m’attendais à mieux en lisant le mot « panoramique »… Demi-tour, retour sur la côte et j’arrive rapidement à Lumio.

Je m’y promène tranquillement quelques minutes. La lumière est vraiment belle, surtout quand elle rebondit sur ce rose pâle particulier qui recouvre la façade de l’église. Ce village en hauteur, bâti à flanc de colline donne une belle vue sur Calvi.

Calvi depuis Lumio

Je prends ensuite la direction de l’aéroport par la D81. Cette route en fond de vallée est plutôt ennuyeuse, trop rectiligne. Mais le décors suffit à se distraire. La route bifurque ensuite sur la droite et devient plus intéressante. Les virages sont de retour ! La circulation reste néanmoins assez présente. Arrivé à proximité de la côte, je rate la route que je devais emprunter. Après quelques minutes de recherche, je finis par la trouver et je comprends pourquoi je ne l’avais pas vue. Elle ressemble plus à un chemin goudronné qui conduit à une ferme qu’à une vraie route ! Je croise avec difficulté un camping-car puis je découvre un endroit étonnant. Une plage de sable, bordée de chaque côté par la montagne, un petit village en surplomb et surtout, des couleurs extraordinaires. Le bleu de la mer, le blanc de l’écume formée par les vagues se brisant sur les rochers et ces rochers justement : gris presque noir, ocre, rouge, quelle diversité ! Je pense n’avoir jamais vu cela auparavant. Je passe ici de longues minutes, à me déplacer sur les rochers, essayant d’immortaliser ce lieu magique à l’aide de mon fidèle Nikon.

Je repars ensuite vers le nord, le long de la côte. La D81B serpente entre mer et montagne.

Route D81B Corse

Son état n’est pas parfait, le revêtement a déjà bien vécu et a été rapiécé. Relativement étroite, sa visibilité laisse parfois à désirer. Mais à part cela, elle a tout pour elle : des très nombreux virages, variés à souhait, une vue exceptionnelle, un environnement unique au milieu de cette végétation typiquement corse et surtout, surtout, elle est déserte ! Pas âme qui vive sur 10km, pas une voiture, pas un camping-car, pas un cycliste. Quel énorme sentiment de liberté que d’être seul sur cette route, dans ce cadre de rêve. La seule chose qui me retient de rouler sans m’arrêter, c’est l’envie de faire des photos. Comme à chaque détours d’un virage apparaît une plage, une presqu’île, bref un nouveau tableau qui appelle à appuyer sur le déclencheur plutôt que sur l’accélérateur.

Plage Corse

Paysage Corse

Ceci dit, je ne prive quand même pas de m’amuser au volant. Après ces dix premiers kilomètres exceptionnels, l’état de la route s’améliore. Ce qui n’est finalement pas bon signe. Quelques campings apparaissent et avec eux, forcément, quelques véhicules de touristes. Je baisse de rythme, surtout après avoir croisé un camping-car qui m’a obligé à me tasser dans les buissons à ma droite tellement la route est étroite. D’un côté, c’est frustrant, surtout après cette première partie déserte mais d’un autre côté, cela permet de mieux profiter du paysage qui est encore plus beau qu’auparavant. La route serpente encore plus près de la mer. Simplement magnifique.

Paysage D81B Corse

Et le clou du spectacle arrive quelques kilomètres plus loin, avec d’abord une presqu’île biscornue et juste derrière, une eau turquoise mouchetée d’embarcations et autres  voiliers. J’aurais pu rester là des heures à contempler ce paysage.

Presqu'île à côté de Calvi

Calvi 1

Je finis par repartir malgré tout et arrive rapidement à Calvi.

Quelle matinée mémorable ! J’y retournerai, c’est sûr. Et avec une voiture plus adaptée que celle que je conduisais ce jour-là, une Audi A3 TDi 150. Certes il y a pire. Mais ce genre de voiture ne permet pas vraiment de faire corps avec la route, ni avec la nature. Un petit cabriolet léger serait bien plus adapté, comme une Mazda MX-5 ou une Lotus Elise. Quoiqu’il en soit, cette virée a changé la façon dont je concevais l’automobile et je ne passerais pas autant de temps à chercher des endroits incroyables, des routes extraordinaires aujourd’hui si la D81B ne m’avait pas si bien accueilli ce jour-là.

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