Roadtrip #8 Un dernier petit tour

20 Novembre 2016. Rassurez-vous, ce ne sera pas le dernier pour de bon, juste ma dernière sortie de cette première année en Focus ST. C’est dimanche, la météo annonce un temps plutôt ensoleillé. Je me dis que c’est parfait pour aller faire un tour du côté des volcans auvergnats. Je ne connais pas vraiment cette région. J’y ai juste passé quelques heures en mai dernier lors du rassemblement national du Ford RST Team.

Mon doigt presse le bouton « Engine Start » à 9h20 et c’est parti, direction plein Nord. Je passe Gaillac puis arrive à Cordes-sur-Ciel. Le village perché sur sa colline est magnifiquement éclairé par la douce lumière matinale. Mais je n’ai pas trouvé au premier passage d’endroit satisfaisant pour me garer et prendre quelques clichés. Je ne suis qu’au début de mon roadtrip et les jours se font courts. Donc je ne perds pas de temps à faire demi-tour pour une photo. J’aurais d’autres occasions. J’ai d’ailleurs déjà une photo, prise au mois de mai.

cordes

A Cordes, je bifurque sur la D922 qui va m’amener en Aveyron. J’aime beaucoup cette route. Elle propose des enchainements de virages intéressants au cœur d’une forêt, le tout assaisonné de courtes montées et de belles descentes. Les arbres empêchent de se laisser distraire par le paysage et recentrent toute la concentration sur le ruban de bitume et la conduite. La route descend ensuite dans la vallée où coule l’Aveyron. La rivière marque ici la limite entre les départements du Tarn et du Tarn-et-Garonne, au niveau des villages de Saint-Martin-Laguépie (Tarn) et Laguépie (Tarn-et-Garonne).

A peine sorti de Laguépie, je change encore de département : me voici en Aveyron. La route grimpe sur ces hauts plateaux typiquement aveyronnais. La route reste sinueuse, suivant le relief. Le paysage s’ouvre. Les pâturages où paissaient de paisibles bovidés remplissent l’horizon, ponctués de quelques bosquets d’arbres foncés. La route finit par plonger dans la vallée et rejoint Villefranche-de-Rouergue, sur les rives de l’Aveyron. Je longe ensuite un affluent, l’Alzou, direction Figeac. Ces quelques kilomètres sont sympathiques. Les virages se suivent avec une fluidité agréable.

Le passage dans le Lot est assez rapide. Car le but de ce roadtrip est juste au nord de ce département : le Cantal. Je contourne Aurillac puis la route monte. Les paysages sont de plus en plus beaux. Un panneau refroidi quelque peu mon enthousiasme : le Pas de Peyrol y est indiqué fermé. C’est par ce col que l’on rejoint le Puy Mary, un des endroits que je souhaite voir aujourd’hui. Nous verrons bien… La route continue vers le Nord. Le relief s’accentue de plus en plus vers l’Est, jusqu’à commencer à apercevoir des sommets blanchis par les premières neiges. En-dessous paissent de nombreux troupeaux de vaches. Leur couleur rouge-bordeaux, spécifique à cette race bovine appelé Salers, annonce la suite. C’est en effet le village de Salers qui apparaît dans le pare-brise.

salers-3

 

Le village est magnifique. La pierre et l’ardoise grises doivent certainement  lui donner une apparence triste lors d’un jour gris et pluvieux de novembre. Mais il n’en est rien sous un beau soleil comme aujourd’hui. Les ruelles étroites se suivent, débouchant parfois sur une petite place, une belle église ou une porte fortifiée. Une très agréable visite, à pied (pour une fois), appareil photo dans une main, sandwich dans l’autre.

D’autres panneaux m’inquiètent encore un peu plus : la D680 que j’avais prévue de prendre est fermée pour travaux. Des déviations sont indiquées pour rejoindre le Col de Néronne. Je  suis ces panneaux, emprunte la D37. Et tant mieux ! Cette petite route plonge vers la Maronne et Saint-Paul-de-Salers. Le village est tout petit mais très beau, la vallée vraiment agréable.

La route monte ensuite vers le Col de Néronne. Face à moi, le Puy Mary enneigé surplombe le paysage. Quelques arbres commencent à être nus, mais une bonne partie d’entre eux a  encore leurs feuilles rouges, jaunes, brunes, parfois même dorées sous cette lumière. La route est déserte. Les virages se suivent et ne se ressemblent pas vraiment. Bien souvent en montagne, il est étonnamment possible d’anticiper ce que la route nous réserve. Bien qu’elle suive au plus près les contours définis par mère nature, il y a une sorte de répétition de situations : ces virages serrés sur un pont dans chaque saignée de torrent au cœur de la Montagne Noire, ce léger virage qui annonce un lacet dans la direction opposée comme au Col de Menté dans les Pyrénées. Ici, ce n’est vraiment pas le cas. Impossible de deviner ce qui arrive devant le capot. Pour cause le relief, les déclivités et donc les virages sont vraiment variés. Difficile de vraiment attaquer dans ces conditions mais la conduite est tout de même gratifiante. Au lieu de faire corps avec la machine, je cherche ici à faire corps avec la nature. La vue depuis le sommet, situé à 1242 m, est très belle.

col-de-neronne-6

Je prends ensuite la D680 direction le Pas de Peyrol. La descente du Col de Néronne, côté Nord est typiquement automnale, annonçant l’hiver. Un tapis de feuilles mortes recouvre la route humide. Des traces de neige éclairent les bas-côtés. La prudence est de mise.

A un croisement arrive ce que je redoutais. Contrairement à certains cols Pyrénéens (comme le Col de la Core en Avril), une barrière ferme réellement la route. Et un tas de neige poussée là par un chasse-neige finit d’empêcher toute montée vers le Pas de Peyrol et le Puy Mary. Je ne m’attendais pas à trouver une route fermée alors qu’il n’y avait pas de neige jusqu’ici. Je n’avais pas prévu de plan B. Autours de Salers, j’ai vu plusieurs panneaux indiquant « Col de Légal ». Faute de pouvoir suivre ma première idée, ça fera l’affaire. Je fais donc demi-tour, remonte au Col de Néronne, puis descends à Saint-Paul-de-Salers. Je tourne à gauche sur la D35. La route monte doucement vers le col. Ici aussi, elle suit parfaitement les contours naturels, au milieu des bois et des pâturages peuplés de bovins locaux avec leurs cornes impressionnantes. Les quelques nuages et le soleil déjà assez bas rajoutent encore du relief au décors en illuminant que certains endroits. Cela rend les photos assez compliquées, les conditions de lumière évoluant sans arrêt.

J’arrive au sommet à 1231 m. Je continue sur cette route appelée « route des crêtes ». Elle offre de superbes paysages. Et comme la circulation est ici assez présente, ce qui est certainement normal pour un dimanche après-midi ensoleillé, j’en profite à fond. Je roule lentement, passant presque plus de temps à regarder par les vitres latérales que par le pare-brise.

route-de-cretes-4

Je passe par le Col du Brunel (1038m) puis je descends vers Aurillac. Vue d’en haut, c’est une belle ville. Cette fois-ci je la traverse et vue d’en bas, ce n’est pas mal non plus. Le soleil a déjà disparu. Je prends le chemin du retour, choisissant des voies rapides et un bout d’autoroute pour rentrer à une heure raisonnable.

Cette dernière sortie avant l’hiver m’a permis d’effleurer un nouveau terrain de jeu. C’est une région que je connais encore mal. Les paysages et les routes que j’ai parcourus aujourd’hui me donnent clairement envie d’y retourner. La frustration de n’avoir pu suivre le parcours planifié a vite disparu devant la beauté de la route des crêtes. Le coin mérite clairement mieux qu’un petit tour…

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