Roadtrip #7 Les feuilles tombent sur les cols

22 octobre 2016. L’hiver est encore relativement loin, mais il est déjà temps de partir une dernière fois en haute montagne avant que la neige ne ferme les cols un à un. Les Alpes sont hors de portée d’un road trip d’une journée. Donc direction les Pyrénées. Cette fois-ci, je ne devrais pas me retrouver face à des cols fermés par la neige (lire ici). Mon itinéraire prévu se veut donc plus ambitieux que le 15 avril dernier.

Il est 9h30 quand je fais mes premiers tours de roues. Je pars tard pour une fois. Après un long bout d’autoroute, me voilà à Lourdes au pied des Pyrénées, avec une belle vue sur le Pic du Midi de Bigorre. Peu après Lourdes, un méandre du Gave de Pau m’offre un cadre sympathique pour une première pause.

J’en profite pour nettoyer le pare-brise, me désaltérer et me préparer à la première montée de la journée. La route qui m’amène au premier col, la D921, serpente agréablement le long du Gave. Je commence déjà à prendre du plaisir à aborder tous ces virages bien que la circulation soit assez présente. Je m’arrête une nouvelle fois rapidement à Luz-Saint-Sauveur pour une petite pause photo devant le château Sainte-Marie.

luz-saint-sauver-focus-st

Vient ensuite un moment que j’attendais impatiemment : la montée du Col du Tourmalet. La circulation a nettement diminué et seulement quelques cyclistes et quelques voitures font l’ascension. L’endroit est grandiose. La route monte rapidement, enchaînant lacets et virages. La visibilité est excellente. Je pousse le moteur dans ses retranchements. Il s’essouffle vite. Le manque d’oxygène se fait sentir. Les relances en seconde en sortie d’épingle ne sont pas aussi tranchantes que d’habitude. Je m’arrête deux fois lors de la montée pour prendre quelques clichés, une première fois devant l’immense parking au pied des remontées mécaniques de la station de Super Barèges et une deuxième fois à proximité du sommet.

La vue sur la vallée est magnifique. Voir la route serpenter en contrebas, cette même route sur laquelle je viens de prendre un grand plaisir de conduire, me laisse admiratif. J’en profite de longues minutes, à tel point que des cyclistes me redoublent. Je repars vers le sommet, tout proche de là. Arrivé en haut, je profite encore un moment de la vue sur cette vallée en écoutant les conversations des cyclistes qui récupèrent de leurs efforts. Puis je passe sur l’autre versant, du côté de la Mongie. N’étant pas un skieur, je regrette de voir ces remontées mécaniques. Elles gâchent le paysage.

Ce versant est moins impressionnant, moins raide, moins escarpé. La descente se fait en douceur jusqu’à la Mongie où je m’arrête me restaurer.

Puis je continue ma route, me laissant glisser avec fluidité, virage après virage, jusqu’au fond de la vallée. Je bifurque à droite pour aller voir le lac de Payolle, surplombé par le Pic du Midi légèrement enneigé.

Je reviens sur mes pas pour retrouver la route des Cols. Le suivant sur la liste est celui qui m’a le plus marqué lors de mon roadtrip d’Avril : le Col d’Aspin. Et aujourd’hui encore, j’apprécie vraiment ce col. La montée dans les arbres permet de bien s’amuser au volant. La circulation est réduite à néant. La visibilité est bonne malgré les arbres. Leurs couleurs automnales et la lumière de ce début d’après-midi rendent ce moment encore plus unique. La chaussée est sèche, en bon état et pas encore couverte de feuilles mortes. Si ce n’est pas le paradis de l’amateur de conduite, cela y ressemble fortement. Franchement, que demander de plus ? À part peut-être une Lotus Élise pour ressentir encore plus la route et surtout la nature en roulant cheveux au vent ? Et un peu moins de vaches broutant les bas-côtés ? Au sommet, un troupeau de vaches se repose tranquillement à côté du panneau indiquant l’altitude (1911 m). Au-dessus se trouvent quelques moutons, en-dessous quelques touristes, presque tous étrangers. Mais le contexte ne se prête visiblement pas à la discussion contrairement à ce que j’ai pu vivre dans les Alpes. La vue sur chacune des vallées est magnifique, bien que différentes. Vers le Tourmalet, le paysage est composé de massifs couverts d’arbres multicolores. Au centre se dresse fièrement le Pic du Midi dont les neiges éternelles ressortent sur le ciel bleu.

Sur l’autre versant, le regard est surtout attiré par la route luisant au soleil. Elle descend à travers les prairies d’altitude et la forêt. Ses nombreux virages fascinent l’observateur converti aux plaisirs motorisés. Le regard suit naturellement ce ruban bitumé pour arriver sur le village de Fréchet-Aure tout en bas dans la vallée.

Le son d’un moteur en pleine accélération se détache nettement du tintement permanent des cloches de vache. En réalité, ce n’est pas un mais trois moteurs. Des motards espagnols montent vers le sommet et visiblement ils se font plaisir. Cela m’incite à laisser cet endroit magnifique pour rejoindre cette route. Elle m’avait paru terrifiante lors de la montée dans des conditions quasi-hivernales. Elle est aujourd’hui bien plus accueillante. Je laisse faire la gravité pour m’amener d’un virage à l’autre. Autant j’aime violenter la voiture lors des montées, autant j’apprécie de la ménager en descente. Tout se passe avec fluidité quand la route s’y prête et celle-ci s’y prête. Je peux profiter à fond du paysage, des arbres multicolores, des pâturages, des vaches, des quelques fermes éparses. Le tout sous un ciel bleu moucheté de juste ce qu’il faut de nuages blancs pour éviter la monotonie.

Arrivé à Arreau, je m’arrête au bord de l’eau. La Neste du Louron est bordée d’une rangée d’arbres rendus magnifiques par l’automne. Quelles couleurs !

Une Porsche Cayman S passe dans un bruit grave. Je reprends ma route et ne tarde pas à attaquer une nouvelle ascension. Face à moi se dresse le Col de Peyresourde. Ses paysages sont spectaculaires, par le contraste des pentes sombres recouvertes de sapins et de celles dorées des prairies d’altitude. La visibilité est vraiment bonne, la route large et bien surfacée. Aussi je passe l’ESP en mode « Sport » et moi en mode « arsouille ». Quel plaisir ! Un super moment de conduite comme j’en raffole. Un point noir apparaît au loin, devant moi. Je me rapproche assez vite et reconnais la Porsche Cayman aperçue à Arreau.

Au sommet, je bifurque à droite pour aller voir l’altiport de Peyragudes. Il a servi de décor à la scène d’ouverture d’un James Bond : « Demain ne meurt jamais ». La piste doit être terriblement impressionnante depuis un modeste coucou sur le point de décoller. Un vrai toboggan.

peyragude

Je quitte ensuite les Hautes-Pyrénées pour la Haute-Garonne. La descente est plaisante. Quelques épingles relient des portions plus rectilignes. Je traverse Bagnères-de-Luchon où je revois de nouveau la Porsche Cayman, garée. Je me dirige ensuite vers l’Espagne. La frontière se situe au sommet du Col du Portillon (1293 m). Ce col a la particularité de créer deux ambiances différentes : le côté français est très boisé, la route serpente entre les sapins. Le côté espagnol est moins boisée et offre une vue dégagée et impressionnante sur le Val d’Aran et la ville de Bossost.

Le seul bémol est la circulation très (trop) présente aujourd’hui. Je traverse rapidement ce petit morceau d’Espagne pour revenir en France. Un peu après la frontière, je tombe sur un contrôle de gendarmerie. C’est la première fois depuis que je conduis (déjà 20 ans…) que je suis contrôlé pour l’alcoolémie. Je vais finir par penser que le Col du Portillon est un endroit propice aux contrôles des forces de l’ordre. Après les douaniers en avril, la gendarmerie aujourd’hui…

Saint-Béat passé, j’attaque la montée d’un col que j’apprécie tout particulièrement : le Col de Menté. J’ai vu passer ici des autos rares et désirables lors du Tour Auto 2015 et je me suis bien amusé en avril dans un décor tout blanc. Je prends un énorme plaisir sur cette montée. Les virages sont variés, la circulation presque nulle. La route est idéale, large, lisse, sécurisante. J’ai changé un peu ma façon de négocier les épingles. Ayant dû composer avec du sous-virage en entrée dans les lacets du Col d’Izoard, je rentre ici dans ces virages serrés avec un peu plus de frein, pour mieux inscrire l’avant. Et cela fonctionne. Je ré-accélère plus tôt et laisse travailler le différentiel électronique. Cette façon de faire m’a l’air plus efficace et surtout plus amusante que celle que j’ai utilisée dans les Alpes. Après 30 000 km au volant de ma ST, je continue d’apprendre. Quoi qu’il en soit, cette montée rentre dans le top 3 des meilleurs moments de conduite de cette première année avec la Focus. Et peut-être même sur la plus haute marche… J’adore cette route !

Par contre, n’espérez pas en prendre plein les yeux ici. La forêt est très présente et cache la vue. Cela change un peu sur l’autre versant. Ici, en descente, la vue sur les lacets en contrebas est un appel à la conduite.

Pendant que je prends quelques photos, un bruit de moteur attire mon attention. Une Harley est en train de monter. Son conducteur a l’air de bien s’amuser. Arrivé en bas, le col suivant s’enchaîne rapidement. La route louvoie tranquillement au milieu des arbres. Leurs couleurs sont magnifiques en cette saison.

portet-daspet

La montée vers le Col de Portet-d’Aspet ne donne pas envie d’attaquer mais plutôt de se balader. Le genre de route taillée pour un cabriolet, pour sentir l’humidité, la fraîcheur, les odeurs de la forêt. Je me verrais bien ici au volant d’une Mustang cabriolet par exemple.

Comme au Col de Menté, la vue n’est pas vraiment spectaculaire. Le sommet est même plutôt triste et incite à commencer aussitôt la descente. Celle-ci est un bon prolongement de la montée, invitant à une belle balade forestière. Il ne reste plus qu’un col à mon parcours : le Col de la Core. Fermé par la neige en avril, j’y avais réalisé une belle séance photo. Aujourd’hui, pas de neige en vue. La montée est splendide, dans la forêt. Puis la route sort des arbres. Le paysage est sublime.

Les couleurs de l’automne sont encore plus vibrantes dans cette lumière dorée de fin de journée. Je fais un détour par le lac de Bethmale. Mais il est déjà plongé dans l’ombre, aussi je ne m’attarde pas.

lac-du-bethmale

J’arrive au sommet pour profiter des derniers rayons de soleil avant qu’il ne descende derrière les sommets. La vue est spectaculaire, sublime. Je reste quelques longues minutes dans ce calme, au milieu de cette nature somptueuse.

Le soleil disparaît. Je le suis. La descente est aussi belle que la montée. Le col est vraiment beau.

Et c’est là que l’on prend conscience de la richesse des Pyrénées, lors d’une journée comme celle-ci. La majesté du Tourmalet, la beauté des Cols d’Aspin et de la Core, la route addictive du Col de Menté, les paysages contrastés de Peyresourde, quelle diversité ! Certes, en comparaison avec les Alpes, les Pyrénées peuvent paraître petits, étriqués. Mais cela offre un réel avantage pour l’amateur de conduite : les cols s’enchaînent très rapidement, pas besoin de rouler sur des dizaines de kilomètres dans la vallée avant la prochaine montée. L’hiver va bientôt recouvrir de neige fraîche ces routes merveilleuses, rendant précaire un nouveau roadtrip. Vivement le printemps !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s