Grand Tour 2016 – Jour 3 – La Route des Grandes Alpes, l’après-midi

28 Septembre 2016. Après une matinée mémorable (à lire ici), ma progression sur la Route des Grandes Alpes continue. Je ne vais pas pouvoir traîner en route. Je dois voir la Méditerranée avant qu’il ne fasse nuit. Le premier col qui se dresse devant moi en ce début d’après-midi est le Col de la Cayolle. La route monte doucement, suivant le cours du Bachelard. Elle est coincée entre la paroi rocheuse et la rivière. Du coup elle est vraiment étroite. De nombreux ponts et tunnels lui permettent de suivre tant bien que mal la rivière. La visibilité est souvent nulle. Impossible de savoir ce qui arrive en face. Heureusement, il n’y a presque personne. Mon niveau de stress monte encore d’un cran, après avoir du me serrer le plus possible et m’arrêter sur un pont, pour laisser passer un… cycliste ! Pourvu que je croise pas un camping-car ! Je roule vraiment doucement et la montée déjà longue me parait encore plus interminable. Pour un col alpin, la pente est douce. Mais la route s’étire sur plus de 20 km jusqu’au sommet. De quoi offrir une belle diversité de paysages, tantôt boisés, tantôt escarpés mais toujours spectaculaires. Je traverse plusieurs hameaux comme celui de Fours-Saint-Laurent.

Les mêmes questions me traversent immanquablement l’esprit quand je passe dans ces villages : comment peut-on vivre ici, si loin de tout ? Et surtout de quoi vivent ces gens ? Je continue ma progression sous un ciel d’un bleu profond, sans un seul nuage. Je m’arrête de temps en temps, quand la route le permet, pour prendre quelques photos, souffler un peu et profiter de ces magnifiques paysages. Après de longues minutes qui m’ont paru une éternité, je sors de la dernière partie boisée. L’altitude est maintenant trop grande pour les arbres. Le sommet approche.


Une fois garé, j’en prend plein les rétines. Quels paysages ! Certes, ce n’est pas vertigineux comme au Galibier, mais c’est tout aussi immense. Je fais quelques pas pour me dégourdir les jambes. Un Autrichien arrivé au sommet juste avant moi me dit en français « C’est joli ! ». J’ai juste confirmé en pensant que son pays est quand même loin d’être moche…

Je quitte les Alpes-de-Haute-Provence pour les Alpes Maritimes. Au moment où je repars, j’entends un bruit de moteur à plat. Une superbe Porsche 911 Carrera S (997 pour les puristes) surgit du côté où je m’apprête à descendre. Elle ne passe pas inaperçue avec sa peinture orange vive. Depuis que je suis arrivé dans les Alpes, les seules sportives que j’ai croisées sont des Porsche. Pas l’ombre d’une Lotus, pas le chant d’une italienne, pas même une trace de ces voitures échappées des rallyes que l’on s’attend à retrouver sur ces routes (Subaru, Mitsubishi, Focus RS etc.). Les Mini Cooper S JCW et autres Mégane RS ne sont pas faites pour la circulation péri-urbaine ! Et pourtant il ne me faut pas plus d’une demie-journée pour en voir sur la rocade toulousaine, alors qu’ici, rien ! La descente est bien plus prononcée que la montée. La route est toujours aussi étroite mais elle est bien plus sinueuse. Plusieurs lacets se présentent devant le capot de la ST. Là aussi, de nombreux ponts et tunnels ont dû être construits. La route longe le Vars et louvoie tranquillement jusqu’au fond de la vallée. col-de-la-cayolle-7

Je traverse Entraunes, puis Saint-Martin d’Entraunes et Villeuneve d’Entraunes avant d’arriver à Guillaume. Je quitte là le Vars et bifurque sur la D28. La route se remet à monter de plus en plus, direction le col de Valberg. Après le stress de la montée du col de la Cayolle, retrouver une route large et une bonne visibilité permet de se détendre. Et de rouler à un bon rythme. Au détour d’un virage, une voiture blanche attire mon regard. Forcément, sa plastique saute aux yeux, habitués à voir des monospaces et autres SUV grisâtres. Ce n’est rien d’autre qu’une Alfa Romeo 8C Spider. Quel plaisir de voir une voiture comme cela loin des moquettes de salon automobile, dans son milieu naturel. Heureusement que certains propriétaires utilisent leur bijoux plutôt que de les collectionner bien au chaud au fond de garages climatisés…


A part cela, le Col de Valberg ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. La route est certes agréable mais ni terrifiante comme celle de la Cayolle ni aussi amusante que celle du Col d’Izoard. Le sommet à 1671 m se situe toujours dans les arbres. Par conséquent, la vue n’est pas vraiment spectaculaire. Seul les infrastructures de la station de ski attirent le regard.

col-de-valberg

Ce col souffre de la comparaison avec les précédent. Et j’imagine que le constat sera certainement le même pour les suivants. Le suivant, à seulement quelques kilomètres de là, est en effet le même genre de col. Sauf qu’il porte un drôle de nom : le Col de la Couillole. Il culmine à presque la même altitude, 1678 m et il est aussi marqué par la présence de nombreux chalets et équipements destinés aux skieurs. Dans la montée, les roches sombres, presque noires, attirent le regards. La route est vraiment agréable ici aussi, large, en bon état et suffisamment sinueuse pour prendre du plaisir au volant. Il lui manque juste cette petite touche d’exceptionnel pour la rendre vraiment unique, pour que l’émotion ressentie en l’arpentant soit aussi unique.  La descente, par contre, est vraiment intéressante. La pente est raide, l’environnement se fait plus sauvage. Le soleil commence à être assez bas et ce versant est déjà à l’ombre. La route devient bien plus sinueuse, s’enfonçant par une série de lacets dans une forêt de chènes, vers la vallée de la Tinée. La roche change de couleur et prend des teintes rougeâtres assez prononcées.

col-de-la-couillole

J’aime beaucoup cet endroit qui est resté très naturel. Seule la route a été ajoutée par l’homme, rien de plus. Cette descente me réjouie et me redonne confiance pour la suite. Certes le plus impressionnant doit être derrière moi, mais il reste encore sans doute d’autres belles routes à parcourir, d’autres beaux endroits à découvrir. Arrivé à Saint-Sauveur-sur-Tinée, je continue sur la M2205 en direction du Col Saint-Martin.

col-saint-martin-focus-st

L’ambiance change. Je passe un premier tunnel et la roche change de nouveau de couleur. Elle prend ici une teinte ocre-jaune, donnant un joli effet doré avec cette lumière de fin de journée. La route suit le flanc du massif. Les virages s’enchaînent avec aisance et fluidité. Cette montée est très agréable, sur cette belle route.


Le sommet est moins agréable, colonisé ici aussi par les chalets et une station de ski. La descente ne reste pas non plus gravée dans ma mémoire. Peut-être que mon esprit est déjà tourné vers le lieu mythique qui m’attend. Je vais aller poser mes roues dans quelques kilomètres sur une des spéciales les plus renommées du non moins célèbre rallye de Monte-Carlo : le Col de Turini. Mais il sait se faire attendre et désirer. La première partie de la montée se fait en ville ! Plusieurs lacets au milieu des maisons, à la Bollène-Vésubie, me permettent certes de commencer l’ascension, mais ce n’est pas du tout comme cela que je l’imaginais, ce fameux col ! Heureusement, un peu plus haut, la nature reprend ses droits. La roche dorée, les tunnels taillés dans le flanc de la montagne, le petit muret de pierre à droite, tout y est. Tout plein d’images me reviennent en mémoire : les jeux de rallye de mon adolescence, un essai de Ferrari F40 dans Sport Auto (si ma mémoire est bonne)… J’imagine le gratin mondial du rallye roulant ici, sur une route partiellement enneigée et verglacée. Que cela doit être impressionnant ! La montée est superbe, le lieux est magique et pas uniquement par son histoire. Le décor, le tracé de la route, le précipice, les virages variés, les traces de freinage avant les épingles, tout rend ce lieu unique. J’arrive au sommet et je me gare à côté d’une icone du rallye, une Subaru Impreza. Bleue avec des jantes dorées. Forcément.Avec en toile de fond, le fameux Hôtel des 3 Vallées.

La descente, dans l’ombre et dans les sapins, est là aussi bien plus raide et sinueuse. Les lacets se suivent à bon rythme. La vue sur les suivants en contre-bas produit son effet, cette envie irrésistible d’y aller. Cette descente est vraiment plaisante, je me régale. En montée, il doit être possible de bien s’amuser aussi. Je reviendrai…

J’arrive au village de Moulinet, passe sous l’étrange pont de Notre Dame de la Menour et arrive à Sospel.

Là, je prend la direction du dernier col de la journée, le Col de Castillon. Mais cette portion étant l’unique route reliant Sospel à Menton, la circulation est y vraiment dense, surtout à l’heure où j’y arrive (vers 18h40). Je suis une Mercedes SLK 200 première génération. Mais son conducteur n’a pas l’air de vouloir jouer. Bizarrement, il se met à accélérer dès que nous commençons la descente… Mais la circulation ne permet de toute façon pas de rouler bien vite. J’arrive enfin à l’hôtel, à Monti, un peu avant Menton. J’aperçois la Méditerranée au loin. Mais ça sera pour demain…

Qu’écrire pour conclure une telle journée ? Difficile de trouver des mots suffisamment puissants pour retranscrire ce que j’ai vécu en seulement 11 heures. Quels mots associer à l’immensité des Alpes vues depuis le Col du Galibier ? A cet énorme plaisir de conduire (piloter ?) dans les montées de l’Izoard et de Vars ? A cette appréhension interminable en montant vers le Col de la Cayolle ? A ce frisson de rouler sur ce tracé mythique qu’est le Col de Turini ?

Ma Focus ST s’est magnifiquement comportée tout au long de cette journée. Sa direction précise et vivante a fait merveille sur ces routes sublimes. Son comportement reste étonnamment neutre pour une traction. Il n’y a que dans les virages les plus serrés où, poussée dans ses retranchements, elle a commencé à sous-virer gentiment en entrée. Probablement que ce sous-virage peut être annulé en rentrant avec un petit peu plus de freins. Je testerais ça lors d’une prochaine sortie. Le différentiel électronique est assez bluffant lors que l’on reprend les gaz. La voiture reprend son cap et élargit vraiment peu sa trajectoire. Cela ne remplacera certes jamais un vrai autobloquant, mais il aide bien à garder de la motricité en sortie d’épingle. Finalement, je me dis qu’avec un tel châssis, il faudrait plus de puissance…

focus-st

 

 

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