Grand Tour 2016 – Jour 3 – La Route des Grandes Alpes, le matin

28 Septembre 2016. La grande journée de ce Grand Tour 2016. Près de 400 km de routes de montagne, dix cols dont quatre culminant au-dessus de 2 000 m, environ dix heures de conduite, plus de 10 km de dénivelé positif. La journée que j’attendais le plus mais aussi celle que je redoutais le plus. Je craignais surtout que la météo ne vienne perturber son bon déroulement. Finalement, ce fut une journée extraordinaire à tous points de vue. Mais ne brûlons pas les étapes, commençons par le début…

Il y a un Velux juste au-dessus du lit. Je vois les Alpes. Météo France ne s’est pas trompée. Le temps est magnifique ! Le soleil commence à éclairer les cimes à cette heure matinale. Le petit-déjeuné expédié et me voilà sur la route à 8h10. J’y suis sur cette fameuse Route des Grandes Alpes !saint-jean-de-maurienne

La D1006 puis la D902 m’amènent en douceur à la première ascension de cette journée : le Col du Télégraphe (1566 m). Ce col est idéal pour se mettre en jambes, ou en roues plutôt. La route y est large, pas en très bon état mais pas piégeuse pour autant. La circulation à cette heure est quasi nulle. Les virages se suivent avec fluidité et la visibilité est bonne.


La montée est relativement courte. La vue n’est pas exceptionnelle, souvent bouchée par les nombreux sapins.

Bref, un vrai amuse-bouche. Après une rapide pause photo au sommet, je descends à Valloire. C’est un joli village avec une belle église en pierre et des alignements de chalets.

Je poursuis sur la D902. Cette route serpente agréablement le long de la rivière Valloirette. Elle monte en pente douce vers le col le plus impressionnant de la journée sur le papier, puisque culminant à 2642 m : le Col du Galibier. Le revêtement est loin d’être parfait même s’il n’est pas piégeur : beaucoup de raccords pour masquer les traces de rudes hivers mais pas de nid de poule ni de plaque de gravillons. col-du-galibier-2

Après quelques kilomètres, la route se met à grimper et les premiers lacets apparaissent. Le décor est juste grandiose. Je suis entouré de massifs tous plus gigantesques les uns que les autres. Les arbres disparaissent déjà.

Le mot qui vient immédiatement en tête est diversité. La route donne l’impression de passer continuellement d’un massif à l’autre, permettant d’avoir une vue superbe sur chacune des vallées, à tour de rôle. Les paysages changent rapidement, en l’espace d’un virage, passant de l’ombre à cette belle lumière dorée matinale. Les prairies d’altitude s’effacent brusquement pour laisser place à un décor lunaire. La route est large, en plutôt bon état. La visibilité est excellente. Il n’y a presque personne. Quel bonheur de conduire sur une telle route, dans un tel cadre !col-du-galibier-focus-st-2

L’altitude se fait sentir. Les relances en sortie d’épingle ne sont pas aussi vives que d’habitude. Le moteur manque d’air. Je ressens une gène à l’oreille gauche et un léger mal de tête. Arrivé au tunnel, je choisi naturellement de continuer vers le sommet.

Cette dernière partie est terrifiante. La route est devenue étroite, sans bordure, sans muret, rien que le vide. Je roule donc au pas ce qui ne me dérange pas le moins du monde. J’en profite pour graver dans ma mémoire ce paysage somptueux. La vue sur les lacets en contre-bas est juste stupéfiante. Le sommet est là, marquant la limite entre la Savoie et les Hautes-Alpes.col-du-galibier-5

col-du-galibier-8

Je reste ici de longues minutes, pour profiter à fond de cet endroit et de ce calme. Nous sommes trois au sommet, deux motards belges et moi. La vue sur l’autre versant est encore plus exceptionnelle. J’échange quelques mots avec un des motards sur les lacets que nous voyons en dessous, là où nous nous apprêtons à rouler. Comment un amateur de conduite peut rester de marbre face à une telle vue ? Juste impossible…

La descente est somptueuse. La route est terrible, sinueuse à souhait, large et lisse. Et que dire de la vue ! Grandiose !

Je passe par le Col du Lautaret et rejoins la D1091. La route suit ensuite la vallée de la Guisane. Je m’arrête pour prendre quelques photos un peu avant Le Monêtier-les-Bains.

Au moment de repartir, trois motards passent devant moi, descendant aussi certainement du Galibier. Je les suis jusqu’à Briançon où ils s’arrêtent. Dommage, j’aurais bien fait la montée de l’Izoard derrière eux. Rouler avec eux est toujours un plaisir. Outre le fait que leur rythme me convient plus que celui d’un camping-car de retraités, j’apprécie qu’ils se préoccupent des pièges de la route et les signalent aux suivants (cailloux, nids-de-poule, radars…).

Juste après Briançon, je m’attaque à un autre col célèbre : le Col d’Izoard qui se franchit à une altitude de 2360 m.

La route monte d’abord gentiment jusqu’à Cervières. Elle se met ensuite à serpenter de plus en plus, jusqu’aux premiers lacets. La visibilité est excellente, le revêtement est bon, la route est large, bref tout est réuni pour se faire vraiment plaisir au volant. Et alors que je ne pensais vraiment pas me traîner, je vois un taxi dans le rétroviseur. Impossible de le distancer. Forcément, il doit connaitre la route par cœur. Et surtout, il roule en Audi A7 3.0 TDi… Entre le Quattro pour aider à relancer en sortie d’épingle et les plus de 270ch (peut-être même plus de 310ch, je ne sais pas quelle version il avait), il n’est pas étonnant qu’il me colle. J’attend un bout de ligne droite pour le laisser passer et il disparaît rapidement. Je continue la montée au même rythme. Quel plaisir ! Je suis à la limite du sous-virage dans chaque épingle. Le « contrôle vectoriel du couple » est mis à contribution à chaque sortie de virage. Sous ce nom se cache en fait une fonction qui freine la roue intérieure quand elle commence à patiner. C’est plutôt efficace même si ça ne remplace pas un vrai différentiel autobloquant.  Grâce à cela, la motricité est bonne et la ST n’élargit pas trop la trajectoire en ré-accélérant fortement. Par contre, inévitablement, cela accélère l’usure des plaquettes.


Une fois au sommet du col, je grimpe un peu plus à pied pour profiter de la vue. col-dizoard-11

Ces quelques mètres de dénivelé m’essoufflent bien plus que d’habitude. Il est vrai que je suis à plus de 2360 m. Et la montée a été très rapide, pas le temps de s’habituer à l’altitude. La vue sur la route que je viens de monter est juste sublime. Et l’autre côté est du même acabit, je vais encore en prendre plein les yeux et bien m’amuser lors de la descente !

Un bruit rauque attire mon attention. Une Porsche Boxster vient de franchir le sommet, s’arrête un bref instant puis repart. col-dizoard-5

Une des rares sportives que j’ai croisées jusqu’ici. Ces monts couverts d’herbes dorées, cette roche passant par toutes les nuances d’ocre, du blanc cassé très lumineux à des teintes grises anthracites et ce ciel d’un bleu si profond ne peuvent qu’émerveiller le photographe amateur que je suis. Une dernière série de photos devant le monument commémorant la création de la route des Alpes et je me remets en route. col-dizoard-focus-st

L’appel des lacets que je vois en contre-bas est plus fort que l’envie de profiter encore de cet endroit magique. La descente est à la hauteur de mes espoir. La route est magnifique, très sinueuse, dégagée, large et lisse. Et la vue est terrible. Que ces roches ocres contrastent magnifiquement bien sur le bleu profond du ciel !

Des motards me doublent lors d’une pause photo. J’essaye de les suivre, mais en vain. Ils sont bien trop rapides pour moi dans une descente, je ne peux pas me permettre de ruiner mes freins ici. Trop de cols m’attendent encore. Plus bas, quand les arbres sont revenus, la route se redresse et suit le cours du torrent de l’Izoard.

Je traverse plusieurs villages avant d’attaquer la montée suivante après Guillestre. Devant moi, un motard suisse en BMW se met à essorer la poignée à chaque relance. La route le permet vraiment, large, lisse, avec une excellente visibilité et presque aucune circulation. Je hausse le rythme et c’est parti pour un morceau d’accordéon. Il me distance sur chaque accélération et chaque virage rapide. Je le remonte sur chaque freinage et chaque virage serré. Nous avons fait toute la montée comme cela, ralentissant juste pour traverser les villages. Un pur moment de conduite !  Arrivé au sommet, nous nous arrêtons. col-de-vars-2

Après être sorti de la voiture, je lui fais un signe de la main, le fameux pouce en l’air. Il me répond. Je vais le voir pour engager la conversation. Pas si simple, il est Suisse certes, mais il parle allemand et à peine quelques mots de Français. Nous arrivons malgré tout à nous comprendre, dans un mélange de français et d’anglais teinté d’allemand. Quand la même passion (ou presque) fait tomber la barrière de la langue. Il est en vacances pour une semaine, seul au guidon de sa monture, pour affronter les plus hautes routes des Alpes. Il était au Col de la Bonette la veille et avait prévu de passer sa semaine à enchaîner les cols avant de rentrer en Suisse. Il voit marqué « Midi-Pyrénées » sur ma plaque d’immatriculation et la conversation dévie sur ces « collines » du Sud de la France. Il finit par repartir rapidement, après avoir grignoté un bout de saucisse sèche et m’avoir lancé un « Bonne route » dans un français sans accent. Je reste encore quelques minutes pour prendre quelques photos puis j’attaque la descente.

Là encore, les paysages sont magnifiques, assez similaire à ceux autours du Col d’Izoard. La route est aussi belle que lors de la montée.

Et comme dans la descente de l’Izoard, elle finit aussi par devenir moins tortueuse et par suivre une rivière, l’Ubaye. Je m’arrête entre Barcelonnette et Uvernet-Fours bord de l’eau pour une pause casse-croûte bien méritée. le-bachelard

Quelle matinée ! Que d’endroits magiques, que de montées d’adrénaline, quel plaisir de conduite !

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