Grand Tour 2016 – Jour 1 – Le mont Ventoux

26 Septembre 2016. Levé à l’aube, je jette un œil par la fenêtre pour savoir quelle météo va accompagner les premières heures de ce Grand Tour 2016. La pluie de la veille a entraîné un bon brouillard automnal. Le temps de se préparer et de charger la voiture et je pars vers 7h50, direction plein Est, vers la toute première destination de ces 4 jours. Une fois sur les hauts plateaux rocheux tarnais et aveyronnais, le soleil joue à cache-cache avec la brume.

Il est toujours aussi plaisant de rouler sur cette route, la D999, de descendre dans les gorges du Rance par ces nombreux lacets amenant à Saint-Sernin-sur-Rance. Après avoir passé Saint-Affrique, je laisse derrière moi les brumes automnales et je me dirige vers l’A75, que je quitte à hauteur du Caylar. La végétation abondante de l’Aveyron laisse place à celle plus clairsemée et sèche des Cévennes. La route s’étire en longues lignes droites jusqu’à ce que le relief s’accentue.

Un beau moulin à vent en pierre attire mon attention à l’entrée de Saint-Pierre-de-Fage. Encore quelques kilomètres et j’arrive à l’Auberge de la Baume Auriol.

En contournant le bâtiment, après s’être garé, la première chose que je remarque est l’odeur particulièrement agréable qui me donne envie de rester déjeuner là. Et ensuite, c’est un autre sens qui s’émerveille : la vue, devant ce sublime panorama qu’offre le cirque de Navacelles. cirque-de-navacelles

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il est formé par un méandre recoupé de la rivière la Vis dans d’impressionnantes gorges entre le causse du Larzac au sud et le causse de Blandas au nord. A cheval entre l’Hérault et le Gard, il accueille en son sein le hameau de Navacelles. N’hésitez pas à ouvrir la photo suivante en grand, c’est un panorama HD.


La route D130 qui y mène est vertigineuse, étroite, coincée entre la falaise et un petit muret de pierre. Les nombreux lacets permettent d’arriver tout en bas, en croisant les doigts pour ne pas rencontrer un camping-car. Les épingles sont tellement serrées qu’elles m’obligent à être plusieurs fois en butée de braquage. La prudence est nécessaire, d’autant plus que quelques pierres éboulées jonchent la route. Je reste un petit moment au fond du cirque, cerné par ces hautes falaises, le temps de quelques photos.

Puis je repars par la D713 direction Blandas. Cette route monte progressivement en faisant le tour du cirque, dans le sens anti-horaire, puis s’achève par 4 lacets dont la vue, depuis le haut, donne furieusement envie d’aller y mettre les roues. cirque-de-navacelles-route

La chaussée est ici plus large que celle de la D130, la visibilité meilleure, la route déserte, et donc le rythme peut être un peu plus soutenu, augmentant en proportion le plaisir de conduite. Je laisse derrière moi ce site extraordinaire et je me dirige vers le Vigan, empruntant les superbes routes cévenoles, presque désertes, où les enchaînements de virages sont d’une fluidité remarquable.  Je traverse le village de Montardier et son château néogothique.

Après le Vigan, je prends la D999 qui longe l’Arre puis l’Hérault, traversant les villages de Saint-Julien-de-la-Nef, Ganges, Moules-et-Baucels, la Cadière-et-Cambo, Saint-Hippolyte-du-Fort, bref que des noms compliqués ! Le trafic est assez dense et je mets un temps fou à pouvoir doubler un semi-remorque qui roulait vraiment lentement. Les vignes commencent à apparaître, les routes deviennent plus rectilignes et se bordent de platanes. Je quitte la D999 pour la D8 et traverse le Gard à Moussac.

Le Gard sert justement d’environnement au prochain site de mon parcours, lui aussi classé au patrimoine mondial de l’UNESCO : le Pont du Gard. Je profite de cette pause pour déjeuner, au belvédère, pour profiter de la superbe vue sur cet ouvrage érigé par les Romains au premier siècle. La couleur dorée de ses pierres ressort merveilleusement bien au creux de cette végétation qui commence à arborer ses couleurs automnales.

Je repars ensuite vers Avignon, que je ne fais que traverser. Il est trop compliqué, comme dans la plupart des grandes villes, d’y stationner facilement. Je longe le Rhône, passe dans le centre historique, lui aussi classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, où se trouve le fameux palais des papes. Non loin de là, un feu rouge me permet de ramener un souvenir du non moins fameux pont d’Avignon.

Je me dirige ensuite vers le Nord, direction Carpentras. Et seulement quelques kilomètres après Avignon, une montagne se dresse à l’horizon, quelques nuages accrochés à son sommet : le mont Ventoux. Et il est vrai que ce mont en impose, non pas par sa taille elle-même, finalement plutôt modeste pour les habitués des Pyrénées ou des Alpes, mais par son isolement. Il surplombe littéralement toute la région.

J’arrive à Bédoin, au pied du Ventoux. C’est de ce très beau village, au milieu des vignes, que part la route D974 qui amène au mont Ventoux par la face Sud.

Le Ventoux ! Ça y est, j’y suis ! Plus de deux ans que je souhaitais y aller ! La route est assez large et bien surfacée. Elle monte rapidement, se frayant un passage à travers les arbres et le relief. Pas encore de lacet sur cette première partie, les virages assez ouverts se prennent avec aisance et fluidité, donnant d’intéressants pif-paf toujours plaisants à négocier. La Focus ST change d’appuis facilement et c’est un vrai bonheur d’amener cette voiture sur ce genre de route. Sa direction précise et les informations que l’on ressent dans le creux des mains aident à bien sentir les limites d’adhérence. La circulation est faible : quelques cyclistes qui grimpent, d’autres, un peu plus nombreux, qui descendent, quelques voitures. Plus haut, les arbres disparaissent peu à peu, laissant place à ces pierriers si évocateurs de cet endroit. Les virages se resserrent, de plus en plus de lacets apparaissent devant mon capot. La visibilité est vraiment excellente, ce qui, combinée à la faible circulation, permet de rouler à son rythme et de vraiment se faire plaisir. Encore plus haut, toute végétation disparaît, et je me retrouve dans ce décors lunaire souvent associé au mont Ventoux.


Un énorme nuage semble accroché au sommet, et il ne tarde pas à masquer la vue vers la vallée. Je redescends et m’arrête un peu après, au Col des Tempêtes.

Je fais le reste de la descente tranquillement, profitant de la vue. Il ne valait mieux pas rouler trop vite, au risque de tomber nez-à-nez avec un troupeau de moutons.

Une fois de retour à Bédoin, il n’est que 16h30. Et ma chambre d’hôte pour ce soir n’est pas très loin, à Mormoiron. Aucun besoin d’y arriver aussi tôt. Donc que faire ? La décision n’est pas compliquée à prendre… J’y retourne ! Pour cette deuxième montée, pas de photo, pas de vidéo, je ne me concentre que sur la conduite. Et tant mieux, la route est déserte, de quoi en profiter pleinement. Quelle montée ! Epique ! Un énorme plaisir ! La ST est bluffante dans ces conditions.

Je finis par redescendre et prendre la direction de la chambre d’hôte. Mormoiron est un petit village bien sympathique, situé à 8 km au sud de Bédoin.

mormoiron

Le seul souci, c’est qu’il est 18h30 et que les 2 stations-service du village sont fermées. Pour faire le plein, il me faut donc retourner à Bédoin, où il y a une station 24/24. Pendant que je fais le plein, un Allemand, venu là pour monter le Ventoux comme moi mais en vélo, vient me demander s’il est possible de payer en liquide. Et pendant que je lui répondais arrive un Anglais en Aston Martin V8 Vantage S, d’un superbe bleu. Il descend aussi de sa voiture et nous demande si c’est possible de prendre de l’essence. Une fois les triviaux détails réglés, s’en suit une discussion sur le mont Ventoux, et la suite de nos voyages respectifs. Lui n’a pas encore été au Ventoux, c’est prévu pour le lendemain matin avant l’aube, puis il part ensuite pour Monaco, destination que je rejoindrais aussi mais 2 jours plus tard, après les Alpes. A la chambre d’hôte, la soirée est aussi internationale, passée à essayer de comprendre une discussion en flamand entre Hollandais et Belges.

J’ai passé au final une superbe journée, parsemée de paysages magnifiques, de rencontres intéressantes et de lieux magiques et majestueux. Le mont Ventoux a déjà tenu toutes ses promesses, et je n’ai pas encore attaqué sa face Nord ! Ça, c’est pour le jour suivant..

 

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7 réflexions sur “Grand Tour 2016 – Jour 1 – Le mont Ventoux

  1. Je suis en vacances juste en lisant ces lignes !
    Ces photos sont sublimes, tout comme le reportage dans son ensemble d’ailleurs.
    Cela me donne envie de réaliser le même parcours en suivant à la lettre le tracé décrit ici.
    Vivement la suite !!!!

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